28.05.2011

Bigger horizons

Et si je postulais pour un job de caissière, pour changer? Parce que se faire 1300 euros par mois pour tenir une caisse 35h/semaine, quand bien même en cdd, bah ça me laisse soudain rêveuse.
L'entretien de jeudi matin a dû mal se passer vu que lorsque j'ai rappelé vendredi après-midi, on n'avait "pas de besoins dans l'immédiat". Alors que le jeudi matin on me parlait de commencer dès lundi. Vouiii. Ok. J'aurais peut-être dû y aller en jupe, à cet entretien? Ou la balais à la main? Enfin l'éponge et la javel, plutôt que le balais, peut-être... Ou en tablier?

Bref.

Demain, c'est la fête des mères, en France. Alors aujourd'hui, direction la boutique de l'Occitane, bien sûr.
Achat de l'eau fraîche verveine-agrume. Une fois mon choix fait, la vendeuse m'a proposé de me parfumer et je me suis maudite d'avoir testé sur moi l'eau fraîche, l'eau de toilette verveine et l'eau de toilette thé vert. Mes bras était un peu trop pris, malheureusement, sinon j'aurais demandé Labdanum, pour réessayer. Je l'avais déjà essayé à Paris, cette eau de parfum, mais juste une petite giclette sur le poignet et je l'avait trouvée beaucoup trop discrète, pas du tout le même effet tonitruant qu'Ambre :-( Bon. Mais le Thé Vert m'a semblé intéressant, très discret aussi mais, pour un vert-frais-léger, intéressant.


Rentrée chez moi, je me suis lavé les bras et j'ai essayé Fleur d'oranger, de Fragonard. Le premier mot qui m'est venu à l'esprit c'est "sévère", puis "amère", alors que c'est une senteur plutôt douce et sucrée. Je crois que j'avais un marque-page parfumé, en CM1 ou CM2, et ça sentait quelque chose comme ça. Et j'ai fait un gros rejet de Fleur d'oranger.
Du coup, je me suis relavée les bras et j'ai essayé Vétiver et alors là, là, bien! "Esprit de décision, droit dans ses bottes, fermeté, assurance, chaleur, forte présence et savoir vivre... Ca, ça a de la personnalité!". Le seul problème c'est que c'est une eau de toilette pour homme? (ou peut-être plutôt mixte?) Bon. Il fait donc bien de m'inspirer toutes ces grandes qualités d'âme, ce vétiver, élégant boisé...
Mais je crois qu'il serait franchement portable par une femme, en tout cas moi je me verrais bien le porter, par exemple un jour où je voudrais me donner de l'assurance, où j'aurais une décision à prendre, où l'absence d'un homme chez moi se ferait trop cruelle.
Je l'ai gardé une heure ou deux et, oui, je maintiens mon avis, même si à la longue il pourrait risquer de me prendre un peu trop la tête. 
Ensuite, après une bonne petite douche, j'ai entammé un échantillon de concentré de lait, de L'Occitane, un lait pour le corps: il est adorable, il donne vraiment envie de s'en mettre partout et ensuite d'aller manger de la glace à la vanille. C'est doux, lacté, poudré et pas besoin de se parfumer après (voir même impossible à moins d'opter pour un parfum aux notes similaires), et ça tient très bien.

Ah et hier, je suis allée faire des courses dans un centre commercial, je me suis arrêtée à la parfumerie pour tester des choses, je ne savais pas trop quoi en entrant. Alors j'ai parcouru les rayons et je me suis arrêtée, un peu émue, le coeur battant, devant "Infusion de tubéreuse", de Prada. Il atterrit sur le poignet gauche et sur le droit je mis Fragile de JP Gaultier.
Le Fragile, j'aurais aussi bien fait de m'abstenir mais j'avais lu qu'il contient de la tubéreuse. Seulement je me demande où ils l'ont cachée là-dedans, leur tubéreuse, j'ai à peine réussi à l'apercevoir très furtivement, une heure ou deux plus tard. J'avais un peu la sensation de puer le citron, une odeur pointue, très énervante. L'ensemble m'a évoqué un personnage de manga, une fille de 13-14 ans particulièrement niaise qui porterait toujours des mini-jupes ultra courtes, qui oublierait souvent de mettre une culotte et qui passerait ses journées à mâchouiller des chewing gums aux fruits et des citrons - entiers, les citrons, avec le zeste, même pas peur. In-su-por-table.
Bon, on oubliera ce Gaultier, donc, même si je porte le classique de temps en temps (offert par ma soeur il y a des années). Ce classique, je le trouve toujours très simplement féminin et assez sexy, et plutôt bien tenace.
Quant à l'Infusion de Prada, elle est discrète. Une tubéreuse discrète, pour les femmes qui voudraient porter de la tubéreuse, mais sans que ce soit dit, sans trop le montrer, sans faire de vague. C'est de la tubéreuse, certes, assurément, mais une tubéreuse lactée, pâle, douce, sans doute très chic mais quand on veut de la tubéreuse, bon sang, c'est pour faire du TAPAGE!!!
... C'est fou comme j'en parle déjà en connaisseuse, à croire que j'apprends vite ou que j'ai été vendeuse en parfumerie dans une vie antérieure...


Ah, et j'ai jeté un oeil au site de la marque "Parfum d'Empire"...
Oui parce qu'aujourd'hui, sur auparfum.com, un site très instructif, une mine d'infos claires et nettes, sur ce site j'ai découvert les parfums "opulents". C'est bizarre: j'avais dans la tête des mots comme "suave" ou "capiteux" mais j'avais perdu de vue ce joli mot: "capiteux", et voilà quoi! Mais oui, mais c'est bien sûr! Capiteux! Magnifique!
Alors j'ai parcouru la liste des parfums capiteux et la description d'Aziyadé, de Parfum D'Empire, m'a intriguée, fait froncer les sourcils sceptiquement autant que mis l'eau à la bouche. Et bien sûr, c'est cher mais donc sur le site de Parfum D'Empire, sont proposés des échantillons: 10 euros les 12, frais d'expédition inclus! AhhhhhAAAhh! Bah voilà qui est intéressant!

Bon, voilà, au moins je ne parle plus de politique, hein! C'est magnifique!

Et j'en arrive à me demander combien elles sont payées, les vendeuses en parfumerie...

Et tous ces parfums que je pourrais acheter, si je gagnais 1300 euros par mois?!! Et tous ces disques que je pourrais produire! Hein?! Hein?! Et tous ces rockeurs auxquels je pourrais donner des coups de main?!... Hein??!! (Oui, parce que je vais recommencer mais j'en reparlerai, peut-être, plus tard)

 

 

 

 

26.05.2011

Smells like...

A peine 16h et journée déjà chargée, qui plus est d'un orage en approche. Les arbres s'agitent.

Ce matin, entretien d'embauche pour un poste d'aide ménagère. Et de se retrouver face à un interlocuteur déjà croisé il y a 4 ans (à l'époque dans une boîte de formation/accompagnement vers l'emploi), capable de se souvenir qu'on avait parlé phobie scolaire et difficulté à intégrer le monde du travail. Humph. Maintenant ça va bien, oui, merci. Réponse demain. Si non, ce sera d'autres entretiens avec d'autres structures similaires pour des postes similaires, pour aller faire du ménage chez des "petits vieux" (terme affectueux) à Entreverne ou Alby Sur Chéran. Moi qui voulait un job accessible à pied depuis chez moi. Bon. Ce sera pour une prochaine fois...

Et puis ensuite discussion téléphonique avec l'homme qui a inspiré le texte du 17 mai. Je m'observais pendant que nous parlions et je constatais avec une espèce de satisfaction glacée, à quel point je me tenais bien, en femme de 34 ans, mature, intelligente et si parfaitement bienveillante et amicale. On se connaît depuis six ans, ça doit aider. Et puis je suis contente quand les gens que j'aime sont contents même si je le leur dis plus succinctement: "Eh beh, c'est un grand pas... Meilleurs voeux!".
Sage et raisonnable. C'est ainsi que je suis volontiers lorsqu'on est amical et respectueux à mon égard. Bien, bien, je fais des progrès, c'est bien. Même si, bien sûr, en sourdine, tout intérieurement, je commente par de petites remarques un peu vertes du genre: "Bah si j'étais elle, je ne me ferais pas tant prier, je saurais ce que je veux, moi, mais bon, c'est sûr que je n'ai plus 20 ans, moi...". Et puis de toute façon, moi on ne me prie pas. Du moins les célibataires, non. Ou alors de rester loin.
Merci oui ça va on a compris.

Passons plutôt aux parfums, hein!

Alors ce matin, après mon entretien d'embauche (j'adore le sérieux qui se dégage de ces mots, "entretien d'embauche", et à quel point ils attestent bien que je ne suis pas qu'une feignasse, non, je sais aussi aller à des "entretiens d'embauche"), je me suis dirigée vers les Galeries Lafayette, puisque elles étaient très judicieusement sur le chemin. Et là, après ma petite conversation téléphonique de vraie femme mature, à peine perturbée, déjà ravallée toute entière par ma nouvelle obsession à peine le téléphone remis dans le sac, j'ai pris la direction du rayon parfumerie.
"Je peux vous aider?".
J'ai eu droit aux bons soin d'une vendeuse. Alors elle me demande ce qui me plaît, je lui dis ceci cela, l'ambre, le ciste, la tubéreuse, les poudrés et puis je voulais essayer Mitsouko mais le flacon est vide, enfin il reste une goutte au fond mais...
Elle fut très très serviable. A force de pomper (c'est elle qui a employé le verbe "pomper", c'est de sa faute si je pense à mal maintenant), elle a réussi à extraire une goutte de Mitsouko sur une mouillette. Bien. C'était peu mais euh, bon, peu. Alors on a essayé autre chose.
Elle, elle me voyait plutôt avec quelque chose de "discret". Alors que je lui avais parlé de la tubéreuse qui m'avait rendu gaga. Mais bon. C'est ce que je dégage, après tout, "discrète" (selon cette vendeuse, donc) et "sérieuse" (dixit le monsieur du 17 mai). Alors elle est allée droit à "l'Or J'adore" et puis je ne sais plus quoi, et puis Jeanne de Lanvin parce que j'ai fini par lui dire que j'aime aussi beaucoup la rose. Et puis arrivé à Trésor je ne sentais plus que la mouillette, c'est à dire le papier. Alors on a arrêté. Ou alors Trésor a vraiment un côté "papier"?
Je ne comprends pas trop cette manie de vaporiser trois ou quatre giclettes de parfums hors de prix sur des bouts de papier alors qu'une fois sur la peau, ils sont susceptible de prendre des tons différents.
Par exemple Paris, l'eau de toilette d'Yves Saint Laurent, que j'avais appliquée sur mes poignets avant que la vendeuse n'intervienne. Sur un corsage acheté sur ebay, arrivé par enveloppe, il me fit un effet "ouah!" et là, sur ma peau, "flop". Non pas que ce soit désagréable, au contraire, il est même fort gentil, mais il me semble juste un peu commun et pâle.
Alors après les Galeries, je me suis arrêtée au Séphora. Et là, la la, il restait du Mitsouko. Je lui ai attribué le plis du coude gauche. Et le plis du coude droit eu droit à une giclée de Jicky. Je suis repartie de là fière de mon coup comme une fiéfée coquine, atteinte de schizophrénie olfactive.
Ma première grande sensation de Mitsouko: "Sous les arbres". Fraîcheur vert sapin et quelques heures plus tard, un petit côté poivré. Et pour le moment, pas grand chose d'autre. Pour la savoyarde que je suis, les sapins, j'en ai déjà plein chez moi, alors bon. Hum hum. Et puis Jicky : "Ah! "Sale", oui, d'accord, en effet" (parcouru une discussion sur le site auparfum.com: "Qui est propre, qui est sale?" où Jicky est cité et recité comme "Le" parfum sale). Forte sensation d'eau croupie et rien d'autre. Après une heure ou deux, est venue, comme par en-dessous cette eau croupie, la vision d'une steppe d'herbe grasse caressée par une douce brise, une douceur de fleur d'eau flottant sur l'étang du jardin de Monet. Voilà. Un petit quelque chose du sel de la transpiration. J'ai du mal à associer ces sensations à du glamour, mais bon.

D'après la vendeuse des Galeries, Mitsouko, c'est un peu fort de commencer par là, pour quelqu'un qui se met tout juste à explorer les parfums, qui "se cherche" encore, pour quelqu'un qui semble taillé pour les odeurs discrètes, n'est-ce pas (je lui ai expliqué que, Mitsouko, c'est une copine qui m'en a parlé, elle m'a demandé "Ah, elle est brune?", ce que j'ai trouvé étrange comme question, étant donné que je suis très peu blonde moi-même, mais bon).
Sauf que, je crois que c'est une mauvaise lecture de personnage que de me classer dans les "discrètes". "Discrète et sérieuse", ça c'est la façade. Et je crois qu'il me faudrait plus un parfum pour faire ressortir toute l'arrière-boutique.

Et là, cet après-midi, je suis allée chercher les deux colis qui m'attendaient sagement au centre de tri.
Alors me voilà avec, en plus, "Ombre Rose" sur la main gauche et "Capucine" sur la droite. Ombre Rose a une ouverture assez fruitée acidulée qui me rebute légèrement mais qui s'estompe déjà pour laisser place à la rose poudrée de mon coeur (car j'ai un coeur rose poudré tout doux, si si) donc ça va bien. C'est doux, c'est chou. Capucine est plus orientale et vanillée, chaude, boisée, un rien capiteuse, ghaaaahhh.

Et puis j'ai commis (honnnnteuh!) deux autres achats en ligne de choses choisies, comme Ombre Rose, uniquement en me fiant à des commentaires lus sur des blogs et autres sites du style beaute-test.com, et achetés sur ebay, donc à petits prix pour ne pas avoir trop trop trop honte... Je cherchais du ciste, de l'ambre, j'ai trouvé l'"Eau de Sourcellerie" (comment résister à un nom pareil? En plus un soin anti-âge, c'est parfait) et hum, "Fracas" puisque "Mon coeur", de Fragonard (une eau de parfum qui n'est plus produite), a été décrit ici et là comme une copie de Fracas (et puisque Capucine est traitée de copie de Flower de Kenzo, faudra que je vérifie aussi) et vu que j'ai passé une soirée à me sniffer les bras après les avoir parfumés de Mon Coeur, mais vraiment comme quelqu'un qui se fait un rail de coke à chaque fois hein, genre grave ennivrée à en gémir de plaisir... Bon. Fallait que je tente Fracas. Fallait.

Au secours, je suis possédée par mon nez. Il a pris le contrôle de ma raison et de mon porte-monnaie.

J'ai cherché à quel chakra l'odorat est associé: le chakra racine. Mon chakra racine serait donc en effervescence. Pour ceux qui s'y connaissent en chakra, c'est intéressant, hein? Ce chakra, quand il est en forme, c'est aussi celui grâce auquel on se sent confiant dans la vie, pas angoissé. Et c'est vrai que je me sens particulièrement en confiance, comme si je savais que mon compte en banque s'était soulé à la source de jouvence. Il ne mourra jamais. Je peux y puiser généreusement. Ca va. Tout va. Je vais sans doute avoir deux jobs cet été. Alors forcément, oui, tout va.

 



 

 

25.05.2011

Chronique bourrée

Ouhla, une semaine passée sans rien poster ici. Ce blog a-t-il encore des visiteurs?

C'est que j'étais occupée, je faisais du ménage chez ma mère. Je m'entraine au cas ou je on voudrait bien de moi comme aide ménagère. Samedi dernier, j'ai envoyé deux candidatures. Je me retrouve avec trois entretiens. Je n'avais jamais été aussi demandée. Ca fait plaisir.

Vendredi dernier, j'ai encore fait des petites vidéos. Ca parle de campagne, vertes pâtures, camembert, voisins, tics (Part I), chien, parfums, molets, rhum (part II), la joie du Christ, Docteur Jesus and Mister Christ (Part III)...

Ah oui et j'étais un peu "youki"/grise/alcoolisée mais je ne titubais pas non plus, d'ailleurs ma diction en attestera, il y a juste deux trois petits lapsus ou autres confusions... Mais voilà, "chronique bourrée", c'est plus drôle que "chronique grise".

 

Chronique bourrée - I from Caroline on Vimeo.

Chronique bourrée - II from Caroline on Vimeo.

 

Chronique bourrée - III from Caroline on Vimeo.

 

Vous aussi, mettez-vous à la vidéo: vous verrez, c'est rigolo!

 

 

17.05.2011

Age

Vous êtes une femme. Il est presque trente quatre et demi à l'horloge de votre vie. Vous êtes assise à la table de votre salle à manger, face au balcon, au parking, à quelques arbres sous la grande lumière de l'après-midi printanier. Plus loin encore, quelques immeubles, le ciel et ses nuages. Des oiseaux piaillent, vous les entendez par la porte-fenêtre ouverte. Sur la table, d'un mètre carré très exactement, une table bien plus ancienne - et donc bien plus à plaindre, que vous, jonchée de papiers et de petits objets divers, trône l'ordinateur portable sur lequel vous écrivez. Votre chaise grince.
Vous avez réalisé récemment que les seules missives un tant soit peu libidineuses que vous ayez écrites à ce jour étaient destinées à des hommes mariés, soit le tiers (3/9) de vos "conquêtes" (des guillemets ici car bien souvent on est en droit de s'interroger sur le qui conquit qui: parfois même la conquête est à double sens et vice versa), ce qui fait de vous - selon les sensibilités, une fieffée coquine, une tordue amorale, une satanée chaudasse, une anarchiste j'm'enfoutiste, une sale immorale, voir même une hors-la-loi, ou encore une simple salope, faites votre choix.
On vous parle d'amours mortes. Vous ricanez. Il n'est pas d'amour mort. A la rigueur, des liaisons mortes, momifiées ou en voie de putréfaction, et de leurs chairs putrides, un jour, peut-être, naitrons quelques fleurs, à moins que ce ne soit quelques vers. L'amour, lui, coeur, bat toujours une increvable chamade à travers le vide intersidéral. Et vous vous sentez un peu seule.
Vous remarquez souvent, tendu au fond de l'oeil des hommes célibataires qui vous parlent (et qui vous plaisent et éveillent en vous de chauds émois visibles à leur oeil innocent et nu), un voile d'angoisse tremblotant dans le vent... Tremblotant même quand il n'y a pas de vent. Vous devinez en eux comme une compression de leur mignon petit plexus solaire palpitant, parfois même leur voix chevrote, presque imperceptiblement, mais vous avez l'oreille fine et on ne vous la fait pas: vous savez qu'ils tremblent, penauds, épinglés par le phare de votre oeil noir et terrible.
Pourquoi tremblent-ils? Sont-ils émus? Certes, un rien. Après tout, vous êtes une petite chose curieuse. Les gens un peu sûrs d'eux vous disent "piquante", et il arrive que des jardiniers plantent des roses dans les jardins, c'est bien qu'une petite chose piquante peut y avoir un intérêt esthétique certain et, donc, potentiellement émouvant.
Mais tout de même, de là à trembloter à l'idée de s'y piquer... Non, ce n'est pas un petit bobo qu'ils redoutent. Ils craignent que par un jour fatal, parfaitement subrepticement, ou bien profitant du couvert d'une nuit sans lune, très sournoisement, vous leur passiez la bague au doigt et la corde au cou. Ils tremblent de tomber dans le piège de vos mains fraîches et douces (toujours soigneusement hydratées), de se laisser prendre à la toile de l'araignée velue en laquelle vous vous transformez immanquablement dès le soleil couché. Car vous êtes une sorcière et vous savez des formules pour mener un homme par le bout du nez jusqu'à l'autel où, après avoir dit "oui", il sera sacrifié, la cage thoracique ouverte grande d'un coup d'athamé savamment effilé (celui qui se transmet dans votre famille de mère en fille depuis cinq siècles au moins) et leur coeur arraché d'un geste vif et professionnel par vos petites menottes rosées et si fraîches.
Si si.
N'est-ce pas.
Les hommes mariés, eux, n'ont rien à craindre de vous. Ils bénéficient d'une protection divine par la grâce du contrat de mariage qui les lie à une âme droite et pure. Ils restent détendus en votre présence, et très merveilleusement décomplexés.
Les célibataires qui vous plaisent de toute évidence (vous savez si mal dissimuler quoi que ce soit) et qui se savent donc menacés, eux, pour la plupart (soyons généreux et ne faisons pas de généralité trop absolue, au cas où) sont dans leurs petits souliers, marchent sur des oeufs, se sentent un peu gênés aux entournures.
Leur avouez-vous ouvertement, en toute sincérité, votre penchant vicieux pour les hommes casés, qu'à la rigueur, s'ils sont vraiment des hommes un peu braves tout de même dans le tréfonds de leur moi profond, à la rigueur, en déduiront qu'ils peuvent passer une nuit avec vous en toute impunité tant qu'ils se débrouillent pour trouver ensuite chaussure à leur pied dans les plus brefs délais, et cela tombe bien, puisqu'une vieille paire de secours traine justement encore dans leur placard. Ainsi, aurez-vous à peine le temps de vous retourner après une douce nuit passée en leur galante compagnie que déjà, on vous annoncera leur mort au célibat. Et vous vous sentirez quelque peu flouée, roulée dans la farine, trahie, eue, faite. Et vous sentirez votre amour-propre et votre fierté choir et disparaitre loin à travers les trous de vos chaussettes (car vous avez une colonie de rats qui loge sous l'évier de votre cuisine et ces adorables petites créatures bouffent tout, mais elles sont votre seul réconfort sur terre alors vous évitez de les manger). Et vous vous sentirez un peu seule. Encore.
Mais finalement, tout cela n'est pas si grave: un célibataire de perdu, un décomplexé de gagné! Alors après quelques jours, vous voilà remise car vous avez l'habitude et puis de toute façon, vous aimez chasser car vous êtes une bête mauvaise assoiffée de sang suave et poivré.
Atchoum.
A vos souhaits.
 

 

(bien entendu, ceci est une fiction, n'est-ce pas) 

 

 

16.05.2011

Old art

KamaSutra09.jpg
Retitré "Ouch"

KamaSutra23.jpg
Notez la délicatesse d'exécution des petites fleurs du dais, du petit jet d'eau.  

 

09:44 Publié dans Art, Sex | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : kamasutra

15.05.2011

Some rhymes

Jeu de plume

Elle est mon encre
Elle tourne mes sangs
Elle ne parle pas
Elle regarde ailleurs
Elle devine à quelques lueurs
Et que s'il lui parle bas
J'en perdrai mes dents
Et mon souffle au parfum acre

Elle est mon encre
Elle tourne mes sangs
En manège elle m'entraine
En errance elle me perd
Nos corps sonnent la guerre
A mes pieds meurt une rengaine
Leurs yeux perdent leur temps
A scintiller, dispersent leur nacre

Jamais roi ne verra son sacre
Jamais loi ne tient le vent
Jamais croix n'absoud la haine
Jamais joie ne remplit son verre
Elevée vers d'autres sphères
Electrisée à s'en cramer les veines
Elle tourne mes sang
Elle est mon encre

 

 Mi-avril 2011

Vision

La chandelle

Une bougie brûle sur la table, dans la pièce enténébrée. Il fait nuit, les volets sont clos.
C'est une salle à manger, c'est une maison vide. Assise à la table, je contemple la bougie qui m'éclaire. Sa flamme vacille parfois un peu et agite les ombres autour de moi. Sur les buffets contre les murs sont posées d'autres bougies, nombreuses, toutes éteintes et froides, inertes. Elles m'ont demandé de ne pas les toucher. En cercle, elles me regardent, fières de leur tête droite et de leur mèche blanche intacte.
La bougie sur la table m'a demandé de l'éclairer. A présent elle brûle, toute nimbée d'une gloire dorée.
La cire lui coule le long des joues, sur tout le corps. C'est une longue bougie à la combustion lente et mesurée. Elle se déforme, part en fumée, me donne sa lumière et je n'y peux rien faire.
Voudrais-je l'éteindre, elle me l'interdirait.
Elle n'aime pas le noir et préfère brûler à mes côtés, en m'éclairant la face, plutôt que de me perdre dans le noir.

14 mai 2011 

 

13.05.2011

Bip bip

La pleine lune approche et mes neurones s'agitent.

Me revient le souvenir de Ségolène Royal dans l'émission C Politique sur France 5, il y a deux ou trois semaines, et la réponse burlesque qu'elle fit au sujet des clandestins maghrébins récemment débarqués en France: ils n'ont pas le droit d'être ici, certes, mais dit-elle qu'il faut les reconduire à la frontière? Que nenni! Soit c'est moi qui n'ai rien compris soit elle nous a fait un cours magistral de minauderie. Je suppose qu'elle sous-entendait qu'il faudrait raccompagner chaque clandestin à la frontière, non pas à coup de pied au cul menottes au poignets mais en le tenant par la main, gentiment, tout doucement, avec la plus exquise des politesse, comme on raccompagne un pauvre petit enfant perdu chez ses parents. En paquebot de croisière, peut-être? Ou en jet privé? Champagne offert? Et ensuite, ah oui! Elle a expliqué qu'il faudrait que nous les aidions à trouver du travail dans leur pays. Bientôt, les français auront-ils droit à des vacances subventionnées en Tunisie afin d'y booster le secteur du tourisme?! Et moi, elle va m'aider à en trouver un de job, mme Royale? En Tunisie, peut-être?
Mais cette préciosité à refuser d'employer le mot "expulsion"... Alors là... Alors là quoi? On ne les expulse pas... On... On les... On les quoi? On les transforme en petits lapins? Ou en cigogne, tiens! Pour qu'ils puissent rentrer chez eux par leur propre moyen.
Et puis il y a cette intervention de monsieur notre premier ministre, à l'assemblée nationale, il y a quoi... Un mois ou deux? Bref, notre premier ministre qui explique sur son plus bel air humaniste qu'il faut respecter le destin des migrants. Oh que c'est beau et noble, "respecter leur destin". C'est à dire qu'ils sont libres d'aller où bon leur semble, Besancenot applaudirait, n'est-ce pas. Moi, si je veux aller ici ou là, mettons si je veux m'installer au Canada et que j'y arrive sans papiers (c'est à dire dieu sait comment... à la rame?!), les mains dans les poches, la bouche en coeur, je ne suis pas sûre qu'on aura beaucoup de respect pour mon destin de pigeon voyageur. Est-ce un mal?
Eh bien, personnellement, je suis bien contente d'avoir une serrure sur ma porte d'entrée ainsi que la liberté et le droit d'inviter qui je veux et de laisser dehors ceux dont je ne veux pas chez moi. Si un jour des sdf se décident à entrer chez moi de force pour y camper, faudra-t-il que je respecte leur destin et que je leur serve le thé?

Bon, à part ça, je reste gentille dans l'ensemble et j'aime bien Hulot, je crois, quoi que je ne l'ai pas encore entendu sur grand chose.

Bon, z'avez vu? Je cause politique, hein. C'est fou. A vrai dire, je préférerais être en train de dormir paisiblement mais je n'y arrive pas, la sieste me fuie alors je m'énerve. "lol". La politique, c'est un truc de gens énervés, voilà, ouais.

Pendant que j'y suis je m'intéroge sur la suppression des frontières. Ces gens qui voudraient pouvoir circuler partout dans tous les sens quand ça leur chante sans se faire contrôler par le douanier... Par exemple pour pouvoir ramener du shit tranquille d'Amsterdam, hein, par exemple au hasard. Ou pour pouvoir s'installer au Canada, aux Séchelles, ou en Suisse, tiens! On prend le train, l'avion et hop! On s'installe et à nous la belle vie (j'ai tout à coup la sensation d'entendre un futur clandestin tunisien qui rêve de la France: "Là-bas, l'herbe est tellement plus tendre!"). Pourquoi s'embarasser de papiers? Avec ou sans papiers, nous sommes tous humains, frères, potes! C'est merveilleux! Oui oui et j'héberge actuellement 12 sdf dans mon 50m2 et 8 clandestins, on s'entend tous très bien, sauf qu'on ne prend une douche qu'une fois tous les deux jours parce que, quand même, financièrement, j'ai du mal à suivre, mais sinon ça va merci, ils ne m'ont pas encore virée, tant que j'ai des sous pour payer les factures, ça va.
En appliquant cette manie libérale de la suppression de toutes les barrières, on pourrait en arriver à imaginer... euh, je ne sais pas... la suppression des départements (euh c'est pas vaguement envisagé, ça?), des communes, des mairies, des commissariats, des impôts, des hôpitaux publics, des routes! Freedom! Allons tous en 4x4 à travers les champs! De toute façon, les agriculteurs se suicident tous les uns après les autres, bientôt on n'aura plus à faire le tour pour éviter de piétiner le maïs ou le blé: la nature reprendra ses droits et nous redeviendrons de joyeux chasseurs-cueuilleurs, comme nos ancêtres! 
Voilà, plus de frontières, alors plus de pays, alors à quoi bon un Etat? Et sans Etat, plus d'infrastructures publiques: qui s'occuperait d'entretenir les routes? Je ne sais pas pourquoi je bloque sur l'avenir des routes, ça me fascine. S'il n'y a plus de limites administratives, qui embauche les cantonniers? Ah oui! plus besoin de cantonniers! Les gens deviendraient bons et altruistes s'il n'y avait plus de frontières: ils s'occuperaient des routes gratuitement, en équipes qui s'organiseraient spontanément, sans qu'il n'y ait même besoin d'un chef, puisqu'on on serait tous devenu télépathe et que nos sociétés s'organiseraient ainsi spontanément selon l'ordre naturel des choses de Grande Mère Nature.

Oui oui...
Faudrait que je dorme un grand coup, là... (couchée à minuit, réveillée à 6h, c'est une nuit un peu rude pour une petite chose gentille dans mon genre).

 


 

12.05.2011

Video diary

En musique, le 10 mai... :
Spéciale dédicace à tous ceux à qui j'ai eu suggéré de prendre des cours de chant: oui, je savais de quoi je causais:

 

One of my favourite songs from Caroline on Vimeo.
The Duke Spirit - Send a little love token

Et puis ce jour, j'ai eu envie de causer, un peu (in english again sorry):

 

Diaryfrom Caroline on Vimeo.

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Et oui je sais, je suis incohérente: St-François de Sales, c'est trop loin mais le fort de tamié, à peine plus près - voir pire - j'y vais (enfin peut-être).
C'est que ça commence plus tôt, au Fort. Et que je suis (enfin étais
) un peu imbibée.

 

Bonne nuit.

 


 

 

While it's raining

Quelques uns des tags qui ont mené des gens ici récemment... petit moment de poésie:

no nude
a moy que chault
heidi barbecuef
batterie bigbat
vih libertin  
phimosis grenoble 
le rapt de proserpine
girls in deep mud
cochonette big boob 
arteppes locus
cunni entre copine 
les pretres bachtf
Heidi a binaire
ROCK AND RHUM ANNECY
dumblebee
eisangelie
dream of big bat
aphroditeveutjouer
les français de souche qui battent leur femme
big semence horse in vagina woman [pardon]
varsovie cafe de la danse
asni abidi
lounes darbois beaumont biographie
jagermeister lyon metro
severine de dkdancef [notons que, pour une fois, les fautes d'ortographe ne sont pas de moi]
al comet

... Et très très souvent revient "heidi on a big bat".
Alors non, ce n'est pas "on", quoi que ça pourrait être rigolo.
C'est "heidi AND THE big bat".
D'avance merci.

Et puis oui, je peux aussi voir vos url qui incluent parfois le nom de votre ville (la géographie aussi ça peut être poétique) mais pas encore votre photo, âge, profession, adresse...
Dommage.




 

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