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02.11.2011
Samain
Aujourd'hui, 2 novembre, "Troisième et dernière journée de Samonios (fête celtique de Samhain) où les portes s'ouvent entre les 2 mondes et où dieux et ancêtres viennent visiter les vivants...", comme nous le rappelle le truculent Jean Paul Bourre sur sa page facebook...
Ou encore, pour le calendrier de La Poste, c'est la fête des Défunts.
Et c'est ce jour qu'a choisi l'un de mes "vieux" amis pour m'annoncer qu'il est à l'hôpital pour cause de tentative de suicide.
Je reste calme. Je prends du magnésium.
Pas grand chose d'autre à faire que de répondre dans la minute à son mail et de réfléchir à ce que je vais bien pouvoir lui envoyer pour Noël.
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Ces derniers jours ont été particulièrement ensoleillés, doux, aux couleurs flamboyantes de l'automne, comme il se doit.
Avec ma mère, nous avons beaucoup promené le chien. Lundi soir, chez elle, j'ai préparé un gâteau.
Pour la première fois de ma vie, pour la Toussaint, j'aurais aimé avoir des tombes d'ancêtres à visiter près de chez nous. Faute de tombes, j'ai fait un gâteau, un peu comme on fait une bûche à Noël ou un gigot à Pâques... Là, il n'y a guère de recette traditionnelle pour La Toussaint, autant que je sache, alors j'ai innové, avec de la farine de maïs bio :
Préchauffer le four Th. 6
Mélanger :
100 g de beurre en pommade
150 g de sucre (brun & bio)
3 petits oeufs (ou 2 gros)
200 g de farine de maïs + 1 paquet de levure chimique
1 tombée de rhum, un peu de cannelle
40 cl de lait de soja (ou de vache)
Incorporer les ingrédients un par un, en fouettant bien à la fourchette à chaque fois.
Verser la préparation dans un moule à manquer, cuire 30 minutes.
Au final, le seul petit défaut que je lui trouve est d'être un poil trop sucré mais ma mère, fan de trucs biens sucrés, apprécie. Quantité de sucre à adapter selon les goûts, donc.
Cette recette est une adaptation simplifiée de plusieurs recettes trouvées sur le net et le résultat ressemble à un gâteau au yaourt, voir à un gâteau de Savoie (en moins léger). Vite fait, bien fait, et sobre, lui.
On peut sans doute aussi le faire nature ou ajouter des fruits secs, des morceaux de pommes, de la vanille... Selon l'humeur.
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Oui, je viens de parler popote après avoir mentionné la tentative de suicide d'un ami. C'est ça la vie. Il est vivant, réjouissons-nous! D'autres sont morts, souvenons-nous!
Le maïs, ma mère m'a raconté que son père n'en gardait guère de bons souvenirs : dans le Jura, au début du 20ème siècle, les temps étaient rudes et la farine (ou la semoule?) de maïs semblait souvent utilisée pour faire des "gaudes", qu'il avait prit en grippe.
Du coup, le maïs est un brin liée à notre histoire familiale et en faire un gâteau (réussi!), c'est un peu comme de "soigner" notre mémoire ancestrale.
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La perspective de mon séjour à Paris me stress un peu. Je pars demain, mon salon est en bazar, je me fait un grog sans citron - oublié d'en racheter - avec de la cannelle (et une pointe de poivre, pour voir) et j'ai les épaules complètement crispées.
Le bon côté de la chose c'est que je ne travaille pas demain matin, on a annulé mon intervention chez Mme C., ça me laissera plus de temps pour faire place nette chez moi.
J'ai attendu le dernier moment pour imprimer mes billets de train, gratis à la bibliothèque.
Je me méfie de la fatigue. J'en ai franchement peur, à vrai dire. Elle me met dans des états affreux, très très noirs. Alors je stress à l'idée de la fatigue qui pourrait me tomber dessus pendant ces trois jours parisiens - je suis un aimant à fatigue - et je stress pour d'autres raisons - plein de choses me font stresser - et le stress ronge mes nerfs et accentue la moindre once de fatigue... Arrrgh!
Il y a quelques jours, je venais d'arriver chez Mme J., son mari venait de sortir faire une ballade, je commençais à faire la poussière quand Mme J. m'a demandé, un peu comme une fillette demande à sa copine de faire l'école buissonière avec elle: "Vous prendriez un café avec moi?".
Cela m'a fait l'effet d'un guet-apens qui se dessine à l'horizon, par un crépuscule de novembre, petit vent du nord et bruine insidieuse.
Pourtant, j'aime bien Mme J., on s'entend bien, on parle de l'ancien temps toutes les deux, celui dont j'ai entendu parler, celui qu'elle a vécu, enfant, non loin, à la ferme, en sabots dans la neige, le givre sur les vitres des chambres, le cochon tué chaque automne, les noix qu'on décortique le soir à la veillée pour en faire de l'huile, la vie au grand air, comment on avait moins qu'aujourd'hui et puis comment on se plaignait moins que maintenant...
J'aime bien cette dame et pourtant, la perspective de prendre un café avec elle, d'avoir à discuter en tête avec quelqu'un, de partager un moment d'intimité avec un autre être humain... Ca m'a inquiétée. J'étais tendue. J'ai apprécié, mais sans tout à fait me décrisper. Et c'est avec soulagement que j'entendis le téléphone sonner et que - Mme J. accaparée par sa nouvelle interlocutrice - je repris scrupuleusement mon chiffon.
A l'évocation de la possibilité d'être amenée à toucher quelqu'un, touchée par quelqu'un, embrassée, caressée... C'est nettement pire. Je contemple l'image tout en m'en dissociant froidement, comme s'il ne s'agissait pas de moi qui pourrait vivre à nouveau une telle chose mais quelqu'un d'autre. Et le "moi" qui a vécu de tel moments d'intimité par le passé n'est plus "moi" mais une autre : celle que j'étais avant et que je ne suis plus.
C'est gai.
Mais bon, avec le temps, je devrais me remettre, hein.
On va dire ça.
19:29 Publié dans Life, Sex | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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