22.11.2011
Blogstory
Petit désintérêt pour le blog. Je continue à lire les habituels, mais écrire ici ça devient... Enfin, écrire tout court, à vrai dire, en ce moment, ça se fait rare.
Aujourd'hui, acheté Ceremonials, de Florence + The Machine.
De l'encens.
Du déo Sanoflore.
Hier c'était journée analyses.
Mon cholestérol est de 1,15g/litre, n'est-ce pas, soit nettement en-dessous des valeurs normales de 1,50/2,20, et mes tryglycérides sont eux aussi dans les chaussettes, comme d'hab, à 0,24 g/l (mon dieu, eux, ils ont même baissé depuis l'année dernière - valeurs normales: 0,50/1,50) ce qui est très intéressant puisque cela veut dire que je vais pouvoir continuer à me gaver de chips.
Et il n'y a pas de traces de facteurs rhumatoïdes, donc ça va, mes mains rouillées au réveil, ce n'est pas du rhumatisme, c'est cool.
Et puis je ne suis pas franchement anémiée non plus, à 23ng/ml, vu que la "normale" la plus basse est de 15 (la plus haute de 250).
Tout va bien, donc, jusque là.
RDV pour une échographie mammaire la semaine prochaine, mais les kystes ça va ça vient donc on s'en fout.
Et puis je suis partie en quête d'un labo qui voudra bien se charger d'une analyse de parfum, pour le fun, à condition que ça ne coûte pas deux bras. Un je veux bien, mais pas deux, sinon, la vie deviendrait vraiment compliquée.
Alors donc j'écoute Florence et surtout Seven Devils, volontiers en boucle : "I was dead when I woke up this morning, I'll be dead before the day is done... Seven devils around me, seven devils in my house..." (là). Cool, je me rabiboche avec mon petit gothisme, du coup.
En regardant le clip de What the water gave me, je me suis dit que, Florence, j'aimerais bien l'entendre chanter avec Lisa Gerrard.
Elle m'a aussi rappelée Jeff Buckley et puis Eurythmics et puis Kate Bush.
Et elle me donne envie de chiner frénétiquement plein de fringues et de petits bijoux cocasses sur ebay.
Là, du coup j'ai trouvé un garouda en pendentif. Je suis contente. Quand je mourrai, j'aurai plein de garoudas chez moi. Pour le moment, j'en ai deux. Ca avance.
Ah et le savon Saponaria de la savonnerie Saponnaire fait un peu onduler mes cheveux. Je ne sais pas si c'est bon signe mais ça me plaît bien.
J'ai découvert le plaisir simple et dépouillé qu'il y a à parler de ma santé : comme ça, je ne parle pas du reste, compliqué et... vraiment très compliqué.
Enfin, non. Je pourrais aussi me mettre à parler de ce qui me met en rogne mais, comment dire...
Ah si, par exemple, j'ai une vidéo sur laquelle on voir le fils des voisins de ma mère faire du quad sur le chemin d'accès qui longe le jardin et permet d'accéder aux maisons qui sont derrière celle de ma mère.
Ah, c'est là qu'il faut que je mette une photo.

Ouaip, maintenant, ce genre de petit désagrément, comme un gosse de 12 ans qui fait des allés-retours en quad à fond la caisse sur un chemin privé, ça me donne envie de viser les roues. Pour être gentille.
J'ai des envies bizarres.
Rester en plein milieu du chemin la prochaine fois que je croise une moto sur un chemin de campagne avec le chien. Rien que pour embêter.
Dans le TER, sortir mon mini-tazer, rien que pour me faire remarquer, le temps d'une petite décharge en l'air, me faire remarquer autant que la petite p***t**sse de 15 ans assise un siège plus loin et qui "parle" tant et si bien que tout le wagon, et même sans doute les wagons voisins, l'entendent vraiment à merveille.
A vrai dire, le jour où la scène est arrivée pour de vrai, dans le TER, j'avais très envie d'être 150 ans en arrière, au Far West, d'avoir un colt ou une pétoire du genre, et je me serrais levée et je lui aurais mis une balle dans la tête, à c'te pauvre fille, et on aurait tous eu enfin LA PAIX. Pardon).
Et puis quand sur le terrain de sport voisin du cimetière, je reverrai des petits crétins d'ados jouer au basket au bon gros son d'un rappeur américain, tant que tous les morts puissent en profiter au moins autant que les canards, je sortirai ma caméra, pour les filmer eux aussi, ces petits bobos branchouilles en herbe, et je les mettrai sur le net. Par dépit. A défaut de pouvoir shooter leur stéréo. Ou je prendrai la stéréo et j'irai la balancer dans le Thiou. Zut.
A défaut de pouvoir me balader avec une pétoire à la ceinture.
Oui, j'en viens à ressentir une certaine nostalgie de ce temps lointain que je n'ai pas connu, où l'on pouvait entrer dans les épiceries armés, tout en payant honnêtement ses emplettes.
Bon sang, j'ai envie de m'isncrire à un club de tir et à des cours de kung fu.
Bon.
Je vais plutôt finir ma tisane "détente", hein.
22:33 Publié dans Life, Music, Politic | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : annecy, campagne, quad, moto, far west, john wayne, florence + the machine
08.10.2011
Dimming
- Bon, ça va pas, ça: on se fout de plus en plus de vous.
- Qui ça, "vous"?
- Bah, vous, les réacs trentenaires névrosés avinés libidineux.
- Ah. Et qui ça, "on"?
- Hof, un peu tout le monde.
Même les autres réacs trentenaires névrosés avinés libidineux.
Vous vous entre-foutez de vos gueules mutuellement.
C'est grave, ça va pas du tout.
- Ah.
Hof.
- "Hof"?
C'est tout ce que ça t'inspire?
- Ouais.
Au mieux, je pourrais t'expliquer que, "nous", on est comme les vaches que t'as vues défiler cet après-midi [voir en bas de la note ]. Un monde révolu qui s'en va à l'abbatoir, décoré de petites fleurs et de grosses cloches.
Forcément, on a l'air couillon.
Ouais, tu vois, même toi ça te fait rire.
C'est méchant, vraiment.
- Tu pourrais au moins essayer de vous comparer aux chevaux de traits. C'est bien les chevaux de trait. C'est costaud. Ca en impose. Moi les chevaux de traits, ça me donne envie de devenir un cheval de trait.
- Oui mais non, justement. Nous les névrosés souffreteux, comment veux-tu?
A la rigueur, si t'inclus les oeillères à ta comparaison, à la rigueur.
- Les oeillères?
- Ouais, celles derrières lesquelles on se cache pour ne pas voir toutes ces horreurs autour de nous.
- Plutôt celles derrière lesquelles vous vous cacher pour éviter de voir les horreurs que vous êtes.
- Si tu veux.
- Et pour marcher droit.
Même aviné.
- Ha h...
Pfff. Non, à vrai dire j'ai même plus la force de rire, là, tu vois.
- Reprends un peu de vin chaud!
- Il est dégueulasse ton vin chaud. A la rigueur la cannelle et le sucre dedans, ça va, mais le vin, ce vin bio, là, non mais je te jure, il est dégueulasse.
- Il est un peu acide, j'en ai eu bu des meilleurs, j'en conviens.
- Ouais, même toi t'arrives pas à le boire sans faire la grimace, malgré tes oeillères.
- Mes oeillères?
- Bienvenue au club.
- Au club des oeillères?
- Ouais, les réacs trentenaires névrosés avinés et libidineux.
"Elle est des nôôôtreuh, elle a bu son verre commeuh les aûûûtreuh!"
- Oh, mais tais-toi!
Je suis pas aussi avinée que vous, moi. Deux martini et ça me suffit, je vais me coucher.
Tu dis n'importe quoi.
Je suis même pas libidineuse, en plus, en ce moment.
J'en ai marre du sexe, voilà.
Alors franchement, il y a vous, hein, et puis moi c'est autre chose, un autre monde, une autre galaxie, mes pauvres petits.
Je mets de l'eau de fleur d'oranger dans ma tisane avant d'aller me coucher, moi, pas du rhum! Que ce soit bien clair!
- Il n'y a que la vérité qui blesse. Regarde-moi ça comme t'es tout de suite sur la défensive!
Que la vérité!
Li-bi-di-neuse!
- Mais va te coucher, avec tes oeillères et tes cloches, là!
Va trouver ton lit si tu peux, va!
Et surtout, sans moi!
Va!
Va donc!
- Ouhouhouh! Que la vérité...! Que la vérité qui blesse! Il n'y a que...
- (elle lui envoie son vin chaud à la figure)
Tiens! Voilà, ça ferra du bien à ton teint de papier maché, un bon petit tonique acidulé épicé bio. Ca doit être astringent, détoxifiant, purifiant..., tout ce que tu veux.
- (du vin lui gouttant du menton, il la regarde d'un oeil morne, avant de prendre un mouchoir pour s'essuyer)
- Tu te décoinces au moins, c'est bien.
Bientôt tu rueras dans les brancards et tu partiras au grand galop par les vastes plaines...!
- Pour aller où, crétin?
Autant garder ses oeillères. L'horizon et les vastes plaines, tout ça c'est fini. Il n'y a plus que le chemin.
Et ça grimpe. Et ça n'en fini pas. Et même les orgasmes, à la longue ça devient lassant.
Autant rester avec ses cloches et ses oeillères. Au moins, ça fait de la musique et de l'ombre.
- Et les fleurs, t'oublies les fleurs.
- Ah oui. Les fleurs.
- Oui, parce que si t'oublies les fleurs, là on va tous se mettre à chialer pour de bon.
- Mmm. C'est vrai. Heureusement qu'il y a les fleurs.
Ca te dit d'essayer Habanita?
- Ca te dit d'essayer le tonique au vin bio?
Le retour des alpages, Annecy, 8 octobre 2011.
20:05 Publié dans Politic, Writing | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : réac, réactitude, réacosphère, vin chaud, agriculture biologique, retour des alpages, annecy
01.10.2011
The good life
Arriver au travail, à la campagne :

"Nan, j'ai pas envie de poser, tu sais moi je pose pas, je suis pas comme ça, les paons, nous, on est timide, modeste, discret, tu m'embête, je repars à la mare."

"Nan mais moi non plus je veux pas poser, nan mais tu vois pas que je suis occupé, là? Allez, va travailler, tu vas être en retard".

A la maison, la sieste, sacrée.

A côté du conservatoire, le truc le plus moche et le plus inutile d'Annecy. Même pas un banc pour s'assoir. Quoi que s'assoir en face de ce truc... Faudrait juste l'enlever et mettre des bancs à la place.

A deux pas de chez moi, les choses d'antan qui résistent.
14:28 Publié dans Life, Photo | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aide à domicile, annecy, conservatoire, art, chat, chien, paon
25.08.2011
Annecy life style
All in all, at the moment, my life is rather nice.
This is the kind of place I work at:

The door and kitchen floor of an old farm. The lady who lives there doesn't have cows or rabbits anymore but she still has some hens. She offered me 6 eggs once. A glass of blueberry sirop another time.
Eventhough what I do is nothing super sexy or super intelligent... Well, it's a job. Sometimes as I'm working I get the feeling I'm just home, doing my own cleaning routine. That's just that. Cleaning. I didn't get any particular training, I just do my best, do as much as I can, as well as I can. Sometimes I work in an appartment in town, sometimes in such an old house in the countryside, sometimes it's a small place, sometimes a large one. I get to travel, to listen to some music while on the road. I guess it could become a serious kind of adventure in winter, on small countryside roads, under the snow.
I'm not sure yet wether I'm going to be hired for a longer amount of time or not... This was meant to be a summer job but they might keep me... And if not, I guess I'll look for a similar job somewhere around here.

An abandonned farm, next to a house I worked at today.
My nephew loves car. "Vroum vroum!". He always wants to get inside and play with all the boutons and levers : he happened to brake one lately so we're more carefull now and keep the doors locked...


Yes, he's fond of cars... All sorts of cars! He's only two (precisely today!), blond, blue eyed, maybe slightly under weight for his age but, never mind! already quite strong and very very dynamic! He doesn't speak much yet, but still makes some sorts of speaches sometimes, go wonder what he means! He can say simple words such as "coucou", "boum", "gn'acky" (which stands for knacky, a kind of sausage he's particularly fond of) or "caca" (when he's filled his diaper!). He enjoys walking barefoot everywhere and persecuting the dog and the cat. He's a half devil-half angel kind of creature, very irresistble.
My franticompulsive obsesspassion for perfumes that seams to have burst out of nowhere last May doesn't seem to be fading.
Right now I'm trying Early Roses by Teo Cabanel.

I tried it first at Les Galeries Lafayette last Saturday. A pshit on a... argh, what is the English word for "mouillette"... errr... you know, those tiny pieces of paper you can make collection of and keep in books?

Well, anyway I gave Early Roses a go last Saturday and at first (oddly?) I thought it was just another one of those sweety juicy florals (a bit like Jeanne (Lanvin), I'd say)... But I kept the little piece of paper, I put it away for some time and the next day sniffed it again and it had transformed into a more fully bodied kind of ambery rose, very nice one.
I wonder why Cabanel doesn't get more reviews... I wouldn't say this rose is a stunning one but it's, well... Lovely. I put some on my wrist and some on my nightgown (sort of an ancient pure cotton one): it ages much more slowly on the cotton.
It seems to me to be quite a realistic rose, as a woman very simply dressed up... Simply but nicely. I was able to notice some jasmine and soft spices at the very beginning but now there's just a nice musky rose left on my skin while on the cotton, it smells still a bit fresher, slightly gently spicy.
To me if feels a bit like an autistic kind of rose, a bit closed on itself, in its own lovely rose world. Plain and simple.
Last Tuesday morning, I didn't work and was able to go chasing some butterflies and samples. Going to L'Artisan Parfumeur boutique, I didn't mean to ask a sample of La chasse aux papillons extrême but was offered one anyway and one of Drôle de rose as well: I couldn't decide which one I liked best...
When I say "like best", actually I'm not sure yet L'Artisan Parfumeur has anything to get me seriously hooked on. I wanted to try something with tuberose. I tried Nuit de Tubéreuse something like a month or two ago and just got smashed in the nose by an extremely spicy green kind of thing (on skin; later I put some on a piece of tissue and only then could catch the "mango" note). La chasse... and Drôle... seemed to be much more educated. Sweet. Soft. Pretty. Tender. Nice.
L'Artisan getting so many many extatic reviews everywhere in the perfumistas world, from here to America, I tend to deduce from all this fuss that there must be something in this shop for me too!
So I wore La chasse... all tuesday afternoon (on my shirt), and it's lovely indeed but after a few hours I'd say I was getting tired of so much good education, softness, politeness, discretion. And it's not like this Cabanel rose I'm wearing now, that is just lovely too, and almost as gentle... But not quite so, for it reminds me of the real rose, with it's thorns, the dew in the morning, the spiders hidden in the flowers and so on. You never realy know what you're about to touch when you reach out for a rose in a garden.
La chasse..., in comparison, to me, looks a bit like a painting of a garden instead, not the real thing.
I still have to try Drôle de rose though... And as in the Artisan boutique there's a perfume kind of bar, with glasses filled with a piece of material sprayed with perfume, I was able to smell several things and got a bit caught by La Traversée du Bosphore. I don't remember which notes the sellwoman told me about but I was surprised such notes were appealing to me...
So now I have this silly desire to go back there and buy a tiny candle of La traversée... And at last I'll own something by L'Artisan... It's quite pathetic in a way... A bit snobish. Maybe I'll hate it in the end... Maybe it'll allow me to be offered a new perfume sample?!
There's one thing I don't mind at all though: paying for samples. What bothers me is that not all perfumers have samples for sell on their website and some offer very chic generous kind of samples... Samples that come in nice phials, bottles, things... Nice and expensive. Last Tuesday I also went to the Sephora boutique and asked for a sample of Arpège (Lanvin). It was filled before my very eyes, put in a totally anonymous colourless phial and do you think I mind it doesn't look "good" or "special"? It's Arpège in there! That's all that matters!!
When I see the prices of La Via Del Profumo samples, for example, I think "Well, maybe for my birthday...?". And it puts me down a bit. I wonder how much would cost a 2ml sample of one of those perfumes if the phials were mere glass... Or maybe little plastic sprays such as those by Parfum d'Empire : very practical 2,6ml sprays, which is quite generous enough for me to try and re-try. Or why not making basic samples as well as collection phials for those who can afford it??
Arrgh... Budget...
What I've also started to go hunt for is some raw material:

There. The Arpège and a Coco sample on the left, along with some tuberose abolute (Aroma-Zone), some fake tuberose that I got on ebay (don't always trust Ebay sellers!), two phials offered by a specialist (a tuberose absolute dissolution and a reconstitution) and a jasmin (grandiflorum) absolute (Aroma-Zone) on the right end.
The tuberose absolutes got me totally lost. It doesn't remind me of Fracas or Jardins de Bagatelle, at all. The AZ absolute comes in a solid form that I'm going to have to dilute a bit into alcool to get a better view of it, have I been told. It makes me think of walnut, walnut cake, walnut licor. And the absolute dissolution I was offered reminds me of dried smoked meat... Something salty and something a bit waxy too... I don't get it!!!
I won't even try to say anything about the jasmin absolute. I won't.
One thing though: it seems my nose got tired lately: this summer I got a special guest who spent 3 weeks with me (he left 10 days ago) and I'm not used to so much company and I'm quite sure it resulted in some unusual tiredness that put my nose down a bit.... I've just given the jasmine absolute another go and it seems that it talked to me a bit. I heard it a bit, as if I was starting to be able to catch some words out from a new foreign language... Well. Interesting. My nose would be recovering?...
Oh and there's been a huge storm here in Annecy yesterday... Well, not exactly huge but very brutal although quite short. Hail :


Under the bench, on the balcony.

This morning, at 8, as if automn had come...
And there's this photo I took two or three weeks ago now, in the Saint Pierre cathedral, in Annecy:

"Flame free system - switches on automatically"
We can kick fire out of churches but... Fire and ice from the sky?
21:52 Publié dans English, Life, Perfume | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : teo cabanel, early roses, tubéreuse, tuberose, absolute, l'artisan parfumeur, la via del profumo, hail, annecy, grêle, la chasse aux papillons extreme, arpège, lanvin, coco, chanel, aroma zone, parfum d'empire, ernst jünger, aide à domicile
30.07.2011
Pic diary
Chez Mme M. (oui, aux wc):

Il y a aussi un flacon de Poème, de Lancôme, à la salle de bain, mais je n'ai pas encore eu l'occasion de le photographier.
J'aime bien aller chez mme M. Elle est un peu "maniaque", elle l'admet volontiers, elle aime le travail bien fait, elle est soigneuse, très fatiguée. Hier, on a discuté pendant 1/2h après que j'ai eu fini mon heure et demi de travail (elle a apprécié que je fasse la poussière sur le dessus de ses armoires - la poussière il a fallu que je la cherche pour la trouver). Elle, elle a eu travaillé jusqu'à 48h par semaine, du temps où elle faisait des ménages, où elle était femme de ménage dans des hôtles, tout ça tout ça. Elle était solide. Dans les hôtels-restaurants, elle avait droit à une pause l'après-midi mais souvent, pendant la pause on leur faisait faire l'argenterie, ce genre de chose, et il n'y avait pas à ronchonner, à discuter, à chipoter.
Je lui ai dit que, de nos jours, on devient feignant - elle était bien contente que je lui dise ça, elle est très d'accord - à croire qu'on devient aussi moins solide (un peu comme moi en somme). La pollution, les pesticides, les ordinateurs, les jeux vidéos, les plats surgelés, tout ça tout ça... Trente cinq heures de travail par semaine et c'est encore trop. Elle, elle a pris sa retraite à 65 ans, et maintenant, je ne sais pas quel âge elle a, je n'ai pas osé lui demander, mais elle se fatigue d'un rien, mal partout.
On s'aime bien, on s'est fait la bise quand je suis partie, je suis contente: je vais retourner un peu chez elle bientôt.
- - - -
En ce moment, dans tout Annecy :

Un grand moment d'orthografe fransèze, hein?
L'affiche est signée http://www.muzzleagency.com/

Le tag sur le mur: "AMEN !"
C'est la dernière petite villa encore debout avenue d'Albigny, à Annecy. Les autres, toutes plus charmantes les unes que les autres, ont été rasées pour laisser place à des petites immeubles, très chic, mais très uniformes.
Amen au "progrès", donc.
Chez les J. :

J'aime bien aller chez les J. aussi.
Là, à la poubelle, la boîte d'un flacon d'Emilie, de Fragonard.
Alors après, tel le chien lancé sur la piste du renard, direction la salle de bain:


Voilà, aide-à-domicile, vraiment, j'aime bien ce job : on voyage, on aide les gens, on est utile, on est son propre chef, on gère, on farfouille, on s'organise, on voit se qu'on deviendra...
A part ça, dans le monde parfumé d'Heidi, en ce moment, pas grand chose de neuf (pas le temps). Je me suis fait des "mouillettes" de plusieurs Guerlain que j'ai glissées dans mon journal et, avec les mouillettes, je réalise que je peux redécouvrir des parfums qui ne m'avaient guère fait d'effet sur peau (voir qui avait disparu à peine pshités sur peau).
Quoi que là non plus, à vrai dire, ça reste "moui". D'une certaine façon, L'Heure Bleue me fait penser à Habanita (et à l'encostique). Jardins de Bagatelle reste mon préféré.
Et cela me conduit à annoncer que la soit-disant absolue de tubéreuse pure et naturelle achetée sur ebay n'est qu'une reconstitution, d'après NezHerbes, qui s'y connait.
Et moi de me sentir telle une adepte du 100% bio, du tout naturel, prise sur le fait avec le nez - que dis-je, le groin - dans un paquet de fraises tagada et qui s'écrierait "bah quoi?! c'est naturel! c'est des fraises! c'est écrit dessus!".
Lol.
15:07 Publié dans Life, Perfume, Photo | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : cabotine, fête du lac, annecy, 2011, aôut, fragonard, emilie
15.06.2011
Tuberose
Puisque j'ai découvert hier que l'Artisan Parfumeur est à Annecy, rue Notre-Dame, il me fallait y aller.
Voilà chose faite.
La boutique est équipée d'une sorte de bar à parfum : des verres contenant un tissu imbibé de parfum sont sagement allignés, dûment étiquetés. On peut tout sentir à sa guise.
Une cliente cherchait quelque chose à offrir à un homme, elle hésitait, discutait avec la vendeuse qui lui a tendu un verre plein de grains de café:
"Ca remet le nez à zéro!".
"Ah?! Je peux essayer?!"
Alors tout près de la porte, il y avait le verre de Nuit de Tubéreuse, qui m'a fait une première impression très verte.
J'ai sniffé quelques autres petites choses (je crois bien que je retournerai essayer la Chasse aux Papillons) et on s'est finalement inquiété de moi mais je n'étais vraiment pas pressée, pour le coup.
J'ai demandé à essayer Nuit de Tubéreuse.
"Oui, bien sûr."
Merci.
Et on m'a même offert un échantillon en prime, pour pouvoir bien l'essayer, le réessayer, demander leur avis à mes proches... "Et puis il contient plus de deux cents composants et il peut fortement varier d'une peau à l'autre..."
Bah oui, hein, c'est pour ça que je le veux SUR MOI!!
Pour voir.
Alors sur moi, c'est vert, c'est piquant, c'est d'un tempérement royal, cela m'évoque un peu la reine de Blanche Neige et la sorcière de La Belle Au Bois Dormant ou encore Cruella des 101 Dalmatiens (des vieux dessins animés de Disney, oui) : des femmes vénéneuses, incroyablement arrogantes, cruelles et toujours drapées dans des robes ou des manteaux à col montant... Cette tubréreuse là aurait la tête nichée dans un col de ce genre, un col tout ébouriffé et très buissonneux: un immense bouquet d'ortie!
Il vaut mieux que j'évite de coller mon nez à mon poignet de trop près parce que je suis alors envahie d'une puissante note camphrée-poivrée.
A quelques centimètres de distance, le parfum s'adoucit, se tempère...
Mais je reste tout de même avec cette forte sensation d'être tombée la tête la première dans un talus d'herbes hautes, un talus profond et humide qui n'aurait jamais été entretenu, où s'entremêlent toutes sortes de plantes, beaucoup d'orties et peut-être quelques pieds d'anis et de menthe.
Je n'y distingue guère de fleur blanche... mais c'est un talus profond et il est possible qu'il y fasse vraiment sombre... Et, oui, je sais, les orties ne sentent pas grand chose, autant que je sache, mais c'est ce que ce vert-poivré-boisé m'inspire: quelque chose de vraiment très piquant et très vert!
Cette tubéreuse là est peut-être un peu too much pour moi...
On verra ce qu'elle donne dans quelques heures...
En attendant, sur mon autre poignet... Oui, là c'est de la haute voltige olfactive, parce qu'après la boutique/l'institut de beauté "A fleur de peau", j'ai fait un crochet par la boutique de L'Occitane, à deux pas, sur mon chemin, et, sur mon autre poignet, j'ai enfin essayé L'Eau des Quatre Reines, l'eau de toilette.
J'aime tant la crème pour les mains Rose Quatre Reines et la concrète de parfum de cette gamme que c'était bête de n'avoir pas encore tenté l'eau de toilette.
Et là, c'est tout de même un peu difficile d'écrire, mes deux poignets sous le nez, les deux parfums étant à la fois très différents et entêtants: ils font là un drôle de mélange, tant que je ne sais plus trop ce que je sens.
J'aurais peut-être dû éviter L'Occitane mais bon, je ne suis vraiment plus qu'une grosse droguée, faible, et voilà le résultat. Ca m'apprendra. Peut-être.
... En tout cas, cette eau là, cette Quatre Reines... Et bien j'ai du mal à l'identifiée. J'ai l'impression que les "parfums" que je connaissais avant que mon nez ne s'éveille franchement il y a trois semaines, ces parfums-là, j'ai du mal à les saisir, à les définir, à les cerner.
Disons que, grosso modo, cette rose-là m'évoque une rose suave, une rose ancienne, une rose-boudoir, un boudoir cossu douillet vieillot, peut-être un peu surchargé de vieux bibelots coûteux, une atmosphère désuette un peu vainement pompeuse, mais charmante. Je me dis que c'est peut-être la touche de violette qui me fait ça... Qui m'accroche...
Rah! Je ne sais pas, je ne sais plus!
Addendum: après quelques heures, une fois que cette tubéreuse se fut un peu calmée (et que j'eus oté l'Eau des Quatre Reine pour pouvoir me concentrer un peu mieux), à force d'y penser et de la sniffer, je lui ai soudain trouvé une ressemblance peut-être un peu cocasse avec Habanita: une même chaleur enveloppante, entêtante et, après un temps, des fleurs qui apparaissent enfin... Mais alors qu'Habanita m'avais mis du rouge en tête, là c'était du blanc. Et alors qu'Habanita m'avait enthousiasmée et dynamisée, là, ce blanc brulant avait quelque chose d'écoeurant... Je suis au regret d'avoir à utiliser ce mot au sujet d'une tubéreuse, ça me fend carrément le coeur à vrai dire, mais sur moi, pour moi, voilà, c'est juste too much. Bon, par aquis de conscience, je retournerai à mon échantillon de temps en temps: peut-être que dans quelques mois, peut-être que...
17:30 Publié dans Perfume | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nuit de tubéreuse, artisan parfumeur, annecy, a fleur de peau, rose quatre reine, l'occitane
14.06.2011
Impressions
Ce matin, j'ai essayé l'Eau Suave, de Parfum D'Empire.
Il m'a suffit d'une seconde ou deux pour avoir envie de battre la mesure: une valse!
Ce parfum bat la mesure et il me joue une valse.
Un grand salon, une réception, un bal, un orchestre, des danseurs, des crinolines vaporeuses couleur crème, et une valse, quelque part au 19ème siècle.
Une belle rose, bel et bien "suave", élégante et pas du tout "lourde" puisque finement menthée.
Je n'aurais jamais été imaginer que de la rose puisse être associée à une note menthée, provenant peut-être de la coriandre?...
Rah, je débute beaucoup trop.
Ce soir, elle est toujours là et elle chantonne toujours.
Jamais je n'aurais été m'imaginer qu'un parfum puisse m'évoquer de la musique.
C'est fou! Et surtout très très fortiche!
Ma mère a passé une partie de la journée avec moi, nous avons flané, elle a tenu à m'offrir un savon gemme. Je lui disais "non non, regarde, plutôt les petits pas chers, là...". Finalement, elle a tout pris:

Ce gemme est surtout très joli et plutôt doux pour la peau mais pour le parfum, ça reste à voir.
Les deux autres, on verra plus tard (j'en ai un en cours 100% végétal à l'églantier, c'est tout joli).
Et puis on s'est aventuré dans la boutique de l'antiquaire rue Jean-Jacques Rousseau:

Je n'ai même pas regardé le prix. Je n'en suis pas encore à vouloir collectionner les flacons ne contenant plus qu'un fond de parfum probablement très viré, aussi jolis soient-ils, ces flacons.
Quoi que, plus je regarde la photo, plus je me dis qu'il est vraiment très joli...
Oh, et en face de Notre Dame, je suis tombée en arrêt devant la vitrine d'un institut de beauté, vitrine estampillée "L'Artisan Parfumeur", avec quelques jolis flacons exposés dans la vive lumière de l'après-midi et, à l'intérieur: un long présentoir sur lequel est aligné probablement toute ou bonne partie de la gamme des parfums de la marque.
Gahh!
Alors que mon premier contact avec elle ne m'a pas trop emballée: l'Eau d'Ambre m'a paru bien trop sèche et Mûre et Musc Extrême a semblé quasiment disparaitre de ma peau aussitôt appliqué, et sans revenir en cours de journée, tant que j'en ai cru mon nez en panne...
Mais soudain, tout cet étalage de luxe, là, dans une petite rue de ma pettie ville m'a mis l'eau à la bouche. J'en bavais presque. Il y avait plein plein de falcons testeurs, là-dedans... Gahhh!
21:20 Publié dans Life, Perfume | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : eau suave, parfum d'empire, rose, crinoline, menthe, savon gemme, rosa canina, l'artisan parfumeur, annecy
25.03.2011
March
"Au-delà de tout débat sur l'existence ou non du point G, Brigitte encourage à une stimulation manuelle; et quant à sa localité, elle précise :"En fait, c'est l'envers du clitoris ; considérez que le fameux point G est exactement à l'endroit où se trouvent les racines profondes du clitoris." Après l'amour, le jardinage."
L'un des "10 conseils sexe de Brigitte" - GQ
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Oui, c'est le printemps, j'ai pris ce premier bain de soleil sur balcon chauffé à 30° en plein après-midi ce 23 mars et hier 24 mars j'ai chopé mon premier (léger) coup de soleil, et je trouve ça plutôt cool.
Hier, il m'est venu deux idées intéressantes:
- L'avantage, avec les post-ado attardées dans mon genre, c'est qu'elles ne cherchent pas systématiquement à se caser et savent saisir les opportunités de parfaire leur connaissance en matière de pratiques sexuelles en compagnie de mâles aux pratiques variées.
- Je me déciderai peut-être à entrer au couvent une fois ménopausée, si je n'ai pas eu d'enfants d'ici là (et qui souhaiterait engrosser une post-ado attardée? Franchement, je me le demande).
Cette seconde idée m'est venue alors que je papotais avec ma mère hier au casino et que je profitais de cette vue là:

Non, nous ne jouons pas à la roulette anglaise, il y avait juste un petit cocktail offert là aux clients et nous profitions du rosé et des petits fours gratuits, assises confortablement à cette table de fortune.
Je venais de me dire "Oh, il y a vraiment beaucoup de branches dans cet arbre". Et puis on en est arrivé à discuter couvents, retraites et silence.

10:23 Publié dans Christ, Life, Photo, Politic, Sex, Writing | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : brigitte lahaie, copulation, fortune, chance, impérial, annecy, lac, couvent, cuisson
14.02.2011
Second thought
Il y a quatre ou cinq ans, du temps où je faisais partie du "comité d'écoute" du Brise Glace (comité composé d'adhérents de l'association, qui écoutent les nouveautés reçues par le Brise Glace et donnent leur avis), j'avais écouté un cd de Triste Sire et si les commentaires des membres du comité sont archivés quelque part, on devrait pouvoir retrouver les miens, quelque chose comme : "Voix nasillarde insupportable, truc gothique hyper surjoué. Très désagréable". Oui, il m'arrive d'être sévère. Je me suis souvenue de ça, à force de réfléchir au sujet, après être rentrée du concert Triste Sire + Varsovie au Rock'n Rhum, ce samedi 12 février.
Le Rock'n Rhum c'est, un peu loin du centre ville d'Annecy, un bar de nuit/café-concert à la décoration toute pourrie qui évoque le PMU de bord de plage mal éclairé, et à la sono tout juste potable. Il faut imaginer des gothiques, toujours si soucieux de leur look, sapés un peu comme pour aller au Bal des Vampires, devoir entrer dans un tel lieu. J'écris juste "entrer". Oui, déjà, juste entrer là, ils ont déjà très très mal à leurs yeux, à leur sens esthétique et, déjà, ils en grincent des dents. Alors s'y produire, pour eux, c'est un peu comme si on vous mettait au défi de donner votre manteau à un clodo tout crade et transi de froid, un manteau très classe qui vous aurait coûté au moins la moitié d'un bras, et que vous le fassiez.
Il y a quatre ou cinq ans, on m'aurait dit "Bah, les Triste Sire, ils vont devoir jouer au Rock'n Rhum", j'aurais répondu, goguenarde: "Ha ha! Ca leur fera les pieds!". Depuis, je serais incapable de dire s'ils ont juste énormément progressé ou si c'est moi et ma mère qui avons juste régressé au stade d'adolescentes incultes et benêtes mais ce samedi soir, au Rock'n Rhum, ma mère et moi avons été emballées par Triste Sire. En dépit de la déco de bar PMU et de la sono passable. Bon, moi je savais que j'allais être emballée, parce que je l'avais été aussi la veille, à leur concert à Grenoble, au Drak-Art, une vraie salle rock au vrai et bon look et son rock dignes de ce nom.
A vrai dire, la première chose que je me sois dite, à Grenoble, après avoir écouté ce groupe quelques secondes, c'est : "Oh mon dieu bordel c'est Brian Molko sur scène!!". Pardon, j'avais bu deux ou trois pastis, mais je crois que même à jeun j'aurais réagi comme ça. Beaucoup de gens sont probablement exaspérés par la voix un peu nasillarde de Molko et irrités par, disons, ses poses d'ado névrosé dépressif qui a mal et qui souffre et qui veux rester dans le noir tout seul. Mais moi, ma part d'ado névrosée dépressive qui a mal et qui souffre et qui veut rester dans le noir toute seule aime bien Molko. Alors la ressemblance m'a d'abord enthousiasmée. Mais s'il n'y avait eu que ça, j'aurais écouté cinq minutes, puis je serais retournée boire du pastis au jardin (oui, il y a un jardin au Drak-Art). J'aurais "zappé", comme il y a quatre ou cinq ans. Seulement, il n'y a pas ou plus du tout que cela et, à présent, avec des oreilles peut-être affinées, un gothisme peut-être nettement affirmé, que sais-je... Je reviens largement sur mon impression de l'époque.
J'en reviens, de loin, surtout grâce aux envolées farinelliennes du chanteur. S'envolait-il déjà ainsi il y a quatre ou cinq ans? Avais-je alors zappé leur cd trop vite pour l'entendre? Ah, faudrait que j'étudie la question...
Pendant la deuxième chanson de leur set ("Anémie, Mon Amour..."), j'ai regardé ma mère au moment de la première envolée lyrique du set. Elle a levé les sourcils. Et ce n'était pas juste comme une retraitée qui arrive à un concert rock alors qu'elle ne va jamais à un concert rock et qui hausse les sourcils, choquée par le volume. Non, elle avait écouté les Varsovie avant : ses tympans s'étaient déjà bien acclimatés au volume, je pense. Non, elle était surprise et admirative. Ma mère est fan d'opéra et d'opérette, elle sait repérer et apprécier les jolies voix lyriques et, là, elle était bluffée d'en trouver une sur la scène d'un café-concert à la déco de PMU, à un concert rock.
Et puis il y a le côté baroque du groupe, du chanteur en particulier qui, à travers sa gestuelle et ses interventions entre les morceaux, s'applique à créer une atmosphère burlesque, une atmosphère de café-théâtre de début du vingtième siècle, quelque chose comme ça, leur côté "Allons au Bal des Vampires", leurs histoires de fantômes, de buveurs de sang, le truc qui m'avait paru hyper surjoué il y a quatre ou cinq ans, le truc qui dit "Regardez-nous, on pourrait jouer dans un film de vampires et, qui sait? On souffre peut-être de porphyrie pour de vrai!". Des groupes essayent de poser ce genre d'ambiance pendant leur concert et sont juste ridicules, victimes autant d'un manque flagrant de travail que de présence scénique. Là, il faut bien se rendre à l'évidence, on a beau se rendre compte que c'est kitch, on est bien forcé de voir que, comment dire... Bah ça marche, entrainé par la présence et l'énergie de ce chanteur au physique de petit rat d'opéra qui, lorsqu'il tapait du pied sur scène faisait vibrer tous les gens perchés sur leur tabouret à 10 mètres à la ronde, faisait vibrer probablement jusqu'aux murs à l'autre bout de la salle.
Leur prestation a vraiment de quoi impressionner des gens de tous âges, aussi bien des amateurs de vampires que des amateurs d'opérette. Et puis même si on reste imperméable au style, au jeu de scène, à la voix, à tout, je crois que toute personne passionnée de rock qui aurait vu des centaines de groupes jouer sur scène seraient contrainte et forcée d'admettre, en toute objectivité, que par leur niveau technique, par la qualité de leur travail et le soin qu'ils mettent à la construction de leur univers, les Triste Sire méritent de pouvoir jouer sur une vraie scène rock. Et leur public, puisqu'ils en ont un, leur public mérite d'être accueilli dans une salle qui ne soit pas affublée de palmiers en plastique, surtout quand, le jour du passage du groupe, la salle rock de la ville n'a rien de mieux de prévu qu'une soirée "open mix", comme au Brise Glace ce soir-là.
Oui, et ça m'a fait tellement mal au coeur de voir ce concert dans ce bar - après en avoir vu tant et tant dans des conditions similaires, voilà, la goutte d'eau - que je m'en suis fendue d'un commentaire sur le mur de la page Facebook du Brise Glace. Wouh! J'ai osé la "déclaration publique" :
- "Triste Sire + Varsovie font dans les 120 entrées au rock'n rhum un samedi soir pendant qu'au brise glace, c'est soirée open mix annulée... Je ne ramène pas souvent ma fraise mais là... Snif."
- Commentaire de Neeskens Off (anciennement chanteur d'Hymn): "certaines soirées au rock'n'rhum mériteraient parfois d'être blindée alors qu'elles font un bide au final... ca marche pour le brise-glace aussi.. c'est super dommage et je suppose que le bowl devait être plein, mais ainsi va la vie caro.. don't give up.
- Réponse de Caro: "T'es mignon Phil :D Et puisque t'es là, figure-toi qu'hier des gens ont discuté à la fin du concert et il fut mentionné le concert Hymn + Triste Sire qui se tint un jour lointain du temps jadis au BG. Ceci dit, "ainsi va la vie", c'est ce qu'on dit des bides quand on veut être gentil et ménager les susceptibilités, non?! Et là, d'ailleurs, je ne parle pas de bide, je parle de monde à l'envers: à mon humble avis, les soirées du genre open mix ont leur place en priorité dans des lieux tels que le rock'n rhum, et les groupes de rock ont leur place en priorité au BG. Et je veux bien qu'on me tape si je suis juste en train de dire de grosses conneries."
Oui, j'ai franchement peur qu'on me demande de rendre ma carte d'adhérent du Brise Glace, maintenant.
Et oui, qui plus est, la soirée open mix était annulée c'est à dire qu'il n'y avait rien, rien de rien au Brise Glace, un samedi soir.
Bon, je continuerai à ne pas boycotter le Brise Glace, contrairement à beaucoup d'Annéciens moins tendres que moi, parce que c'est une belle salle où passent parfois des groupes qui me plaisent et qu'il y travaillent des passionnés de musique dont la passionnée de musique que je suis à envie d'être solidaire, même si leur choix ne me plaisent pas toujours. Je n'ai pas la prétention de traiter une programmation de "programmation de merde" parce qu'elle ne colle pas à 100% à mes propres goûts. Seulement là, j'ai eu franchement mal au coeur de voir ces groupes dans un tel décors, sans doute parce que je suis une zombie de gothique, sans doute parce qu'en tant que productrice de l'album des Varsovie j'aimerais bien pouvoir me la péter en voyant mes petits protégés jouer sur une belle et grande scène... Oui, je sais que j'ai des tas de raisons très subjectives de vouloir voir un tel "plateau" sur une scène rock digne de ce nom mais je sais aussi qu'il existe des raisons parfaitement objectives de vouloir voir ces artistes sur une belle scène rock digne de ce nom, digne de leur nom.
Alors voilà, je vais donc désormais pouvoir écouter en boucle le dernier album des Triste Sire (surtout la chanson "Anémie, Mon Amour"). Je suis contente. Et cela me laisse pensive quant à ma capacité de jugement: sans doute existe-t-il aujourd'hui dans ma petite tête d'autres opinions qui, un jour, tomberont comme les feuilles mortes en automne et en les voyant toutes pourries par terre, je me demanderai alors comment elles purent un jour tenir aussi vertement aux branches de mes neurones. Je me trouverai sans doute très ridicule. Enfin voilà, la morale de l'histoire: parfois on se trompe, parfois on change d'avis, et c'est heureux d'avoir une aptitude au renouveau.
Ah et si je n'écris pas trois pages de plus sur les Varsovie et leur prestation, ce n'est pas que je n'ai rien à en dire de bien, au contraire, je trouve qu'ils se sont améliorés en un an, mais j'en ai déjà assez parlé comme ça et de toute façon, on douterait de mon objectivité.
Je préciserai simplement qu'ils seront à Freiburg à la fin du mois et au Café de la Danse, à Paris, le 9 avril prochain.
09:04 Publié dans Life, Music | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : triste sire, varsovie, concert, annecy, brise glace, rock'n rhum, rallage
09.02.2011
Rock is racist
Un échange de commentaires à la suite de la note Hold the line me laisse excessivement pensive et les rouages de mon petit cerveau déglingué partent dans tous les sens, alors pour commencer, voici quelques pensées brouillonnes et confuses faisant suite au titre ci-dessus :
Approximativement, à vue de (mon petit) nez, le monde du rock (musiciens/public des concerts/techniciens/etc...) est peuplé environ de 95-98% de gens "blancs" ("caucasians", comme disent les américains). Que doit-on en déduire? Que les gens blancs font de la ségrégation et empêchent les gens non-blancs de faire et d'écouter du rock? Ou que les gens non-blancs font du racisme anti-rock?
Lynne D. Johnson et Laina Dawes, deux afro-américaines répondraient oui à ces deux questions: selon elles une telle ségrégation à double-sens existe, du moins aux Etats-Unis, et donc oui, d'après elle, tout le monde semble avoir oublié que le "rock" est né de mains et de voix noirs, et elles-même semblent avoir perdu de vue que la country (qui doit beaucoup aux musiques folkloriques européennes) fait aussi parti des ancêtres du rock.
Le rock "moderne" est peut-être devenu une musique hybride, mutante, métis que que les oreilles de certains de ses lointains parents ne parviennent plus à identifier comme "leur"?
Et aimer le rock, apprécier de se retrouver "entre-soi" au sein d'une communauté de "rockeurs" composée quasi exclusivement de "gens blancs", pourrait-il être un symptôme de racisme latent? Et, en effet, si je n'écoute pas de musique traditionnelle asiatique, cela ne pourrait-il pas signifier que je n'aime pas les asiatiques?
Je sais, je me pose vraiment trop de questions. A quoi bon? Surtout qu'il est si facile d'opter pour la solution qui consiste à ne pas réfléchir du tout, surtout à ce genre de faits vraiment très étranges - tel l'absence quasi systématique de gens issus de la "diversité" à un concert rock. Et il y a bien des façons de ne pas y réfléchir, par exemple avec toute l'insouciance du rockeur, en s'exclamant gaiment : "Rock'n roll! On s'en fout!". Ou, surtout si l'on est de gauche et noble pourfendeur de la bien-pensance, et si le questionneur fait vraiment trop de résistance: en déclarant que les questions que ces faits soulèvent sont "nauséabondes". Ou encore, à la façon d'un sage taoïste: en expliquant qu'il en est ainsi, que les sapins poussent sur la montagne, que les baleines nagent dans la mer et que les grenouilles croassent avant de plonger. C'est sûr, ça simplifie le problème et ça nous fait des vacances.
Sauf que je suis une machine à produire de la question. Pardon.
Bon, à vrai dire, je ne sais pas du tout pourquoi il y a si peu de gens non-blancs aux concerts rock. Je ne le sais vraiment pas. Je sais que quelqu'un disposant d'une grande culture musicale pourra m'aligner une ou deux douzaines de noms de musiciens black faisant du rock pur et dur, voir du hardcore ou du punk (on m'a fait le coup, une fois, c'est comme ça que j'ai découvert Santogold et Fishbone) mais bon, c'est à peu près tout ce que je peux en dire. Je suis bien avancée, hein, et vous aussi.
Bon, par contre, si vous me demandez si j'ai aimé le concert du samedi 29 janvier au Brise Glace, je vous répondrai "Ouiiii!" avec un grand sourire réjoui.
Quoi que, je pourrais nuancer.
En première partie, The Good Damn, de Lyon. Du bon blues-rock psyche, assez en vogue actuellement. Ils m'ont fait penser aux Sixteen Horsepower/Woven Hand, aux Black Angels, aux Black Mountain, à For Heaven's Sake. Deux guitares, une batterie, du blues-rock psyche dans les règles. Bon, bah ça devrait donc rouler comme sur des roulettes, sauf que tout le long de leur prestation, j'ai eu la sensation que quelque chose patinait, n'arrivait pas à décoller, d'ailleurs ils n'ont eu droit à aucun rappel. Bon, tout le monde était peut-être vraiment très pressé de voir BirdPen, mais moi, je crois qu'il leur manque une voix. Le chanteur chante correctement, et il chante même juste mais c'est tout. Pas d'amplitude, pas de grain, une voix plate et pale dont le vibrato un peu trop récurent évoque quelqu'un qui aurait un peu trop écouté Anthony and the Johnsons ou Devendra Banhart. Tout du long, je me suis dit que ce n'est qu'avec une vraie chanteuse de la trempe de Nadj que leur truc pourrait vraiment devenir intéressant.
Donc ce ne sont pas les Good Damn qui m'ont réjouie.
La réjouissance, ce fut BirdPen. BirdPen, dont le chanteur est équipé d'une voix en tout point magnifique, dont il se sert absolument magnifiquement. Et j'aime les belles voix bien maniées. Donc je fus contente. Enfin seulement une fois fait abstraction de la tignasse que ce merveilleux chanteur a presque tout le temps dans la figure. Faudrait le surnommer "Cheveux".
A-t-il une phobie des ciseaux? Des coiffeurs? De la lumière des projecteurs? Des yeux du public? Bon, ok, on s'en fout. Oui, à vrai dire moi aussi je peux faire abstraction de certains faits et de certaines questions pour être heureuse. Ce chanteur chante diablement bien, ce groupe produit un rock en bonne affinité avec ma sensibilité, alors je suis heureuse.
Et non, c'est sûr, je ne ferai pas carrière dans le journalisme, je le savais déjà avant, hein.
21:08 Publié dans Life, Music | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : rock, raciste, country, birdpen, good damn, for heavens sake, nadj, brise glace, concert, annecy, lynne johnson, laina dawes, rock'n roll
