12.11.2011

Dominique Dubrana

"...I am French myself and I honour my origins as I have been one of the first natural perfumers when I started in 86 in Italy..."


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Oui, on peut s'exprimer en anglais, vivre en Italie, être converti au soufisme ET être français.
On appelle aussi cela être "a grand excentric".


La photo illustre un article paru dans le New York Times, en août 2010, article consacré à Dominique Dubrana - AbdesSalaam Attar de son nom d'artiste - créateur des parfums naturels La Via Del Profumo.

Monsieur/Signore/Sir - Dubrana tient aussi un blog, in italiano et in English, pour lequel il a récemment écrit une série d'articles sur "The natural perfumery trend". C'est en réponse à l'un des commentaires de cet article qu'il écrit ceci :

"... I am French myself and I honour my origins as I have been one of the first natural perfumers when I started in 86 in Italy.
I am convinced that I could never have developped my trade in France. Italian people are impregnated with a very antic culture of aesthetics which makes them able to recognize beauty wherever they meet it, while the French will never recognize it unless it is authentified by general recognition (or a brand name like L’Oreal or Guerlain).
The French, let us remember, have not only killed the casts of nobilty and priesthood in their revolution, they have also killed nobilty and spiritualiy in their National character when they did that. This is why, unlike Italians, they are without true references in aesthetics, because the sense of aesthetics in inherited with cultural archetypes of nobilty and spiritality.

There are some micro-perfume businesses and shops in France of whom I have heard and also a french perfumer in the NPG, but yes French natural perfumers are not as many as they should considering the french history of perfumery.
Be assured that as soon as it becomes obvious that there is some money to make with natural perfumes, the French will jump into the trend as everyone else."

 

Pour plus d'info (en anglais), une sorte d'"interview/discussion" peut aussi être lue sur le blog WAFT, sur les fils des commentaires de ces deux articles:

Ask AbdesSalaam Attar - La Via Del Profumo

Ask AbdesSalaam Attar Day 2

 

Sur le site américain The Perfumed Court, il est possible de se procurer des échantillons de taille plus modeste que ceux proposés par La Via Des Profumo :

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Oui, en prime, on reçoit alors des bombons... Peut-être pour que l'acheteur écolo français puisse se consoler d'avoir fait faire à ces échantillons quelques 8000 kilomètres par avions, plutôt que 700 en train/camion ?!

 

Enfin, pour encore plus de réjouissement, le blog Dr Jicky & Mr Phoebus vient de publier une jolie "review" du parfum Sharif.

 

 

 

16.09.2011

Sharini & Illuminated Perfumes

Les parfumeurs "bio" sont un peu les réacs de la parfumerie : ils veulent faire les choses à l'ancienne, sans matériaux de synthèses, et dire "fuck" à l'Europe et à ses réglementations à la con.


Quand j'ai commencé à m'intéresser aux parfums, je croyais que les seuls "parfums" bio disponibles étaient les déodorants Weleda et les eaux de toilettes Melvita. A force de surfer sur les blogs et autres forums, j'ai découvert plein d'autres choses.

Par exemple Sharini (France) et Roxana Illuminated Perfume (USA), tous deux membres de la Natural Perfumers Guild.

C'est sur le site de Sharini et à la boutique d'Etsy que j'ai commandé quelques petites choses, pour voir, et voici ce que j'ai reçu hier :

De Sharini:

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Des fleurs!

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On en met un peu partout mais ça ne pique pas, c'est charmant et ça sent très très bon!

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Encore des fleurs!

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Les quatre créations bio de Sharini en mini spray de 2ml, le tout pour 18 euros, frais de port compris.

 

Roxana Illuminated Perfume :

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Trois échantillons de "concrètes" de parfums en mini pot rose, pour 25,50$/un peu moins de 19 euros.

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Le sceau de couleur est là pour indiquer lequel est quoi. D'ailleurs, heureusement que les noms des parfums que j'avais choisi figuraient sur le bon de commande reçu par mail, sinon j'aurais peut-être eu un doute: certaines couleurs se ressemblent un peu...

Et oui, je préfère mille fois dépenser tous ces sous en échantillons de parfums plutôt qu'en séances de ciné, fringues, chocolat, lustre pour ma salle à manger, coupe chez le coiffeur/etc...

 

... Même si les trois échantillons de Roxana Villa me laissent un peu dubitative.
J'ai d'abord essayé Rosa. Ma première impression, c'est que c'est très miel.
Sur Etsy, on peu lire que les ingrédients de base de ces concrètes sont l'huile de graine de jojoba et la cire d'abeille naturelle/"unbleached". Il m'a semblé que c'est surtout ce que je sentais: la cire d'abeille, quoi que je ne sois pas sûre d'en avoir déjà senti, mais en tout cas ça sentait fort le miel.
Ensuite, oui, la rose, une rose un peu boisée.
Dix minutes après avoir appliqué cette "cire", je pensais déjà un peu à autre chose, je surfais sur le net, j'ai sniffé mon poignet et j'ai eu la sensation qu'une rose venait de surgir juste sous mon nez.
C'était très joli.
Mais voilà: je n'arrive pas à en dire grand chose d'autre.
Il fallait que je colle ma poignet juste sous mon nez pour arriver à sentir quelque chose et au bout d'une heure je ne sentais déjà plus grand chose du tout.
En fin de journée, j'ai testé les trois en simultané (poignet/plis du coude). J'avais du mal à distinguer Rosa d'Aurora. C'est Vespertina qui m'inspirait le plus: une rose piquante, épicée, la plus "caractérielle" des trois, corsée. Mais c'est Aurora qui a survécu le plus longtemps: j'en avais appliqué une plus grande quantité et, du coup, ma peau est restée là bien beurrée plus longtemps.

Un peu déçue, donc... Mais il est à envisager que mon nez ne soit pas assez finaud pour ce genre de produit et les versions liquides de ces parfums me parleraient peut-être d'avantage... Mais je crois que j'irai explorer, éduquer mon nez et dépenser mes sous ailleurs avant de prendre la peine de vérifier.

Hier après-midi, un peu avant de partir travailler, et alors que Rosa avait fini de disparaître, sur mon autre bras, j'ai pshitté un peu de Jasmin Céleste, de Sharini.
Les sensations furent nettement plus fortes et distinctes.
C'était nettement hespéridé, peut-être un peu trop à mon nez, mais c'était aussi boisé: ça m'a évoqué la sève de l'arbre, le bois encore humide et poisseux fraîchement coupé. C'était nettement "texturé", "juteux", comme concret, bien foutu, palpable, joli à croquer, et puis j'y ai aussi retrouvé le charmant couple jasmin-rose de Trois Fleurs, de Parfums d'Empire...
La tenue est assez bonne (pour un parfum bio?), d'environ 4-5h sur moi (j'ai pris ma douche avant qu'il ait complètement disparu) mais la présence reste discrète (à mon nez): là aussi, il faut se sniffer d'assez prêt pour sentir quelque chose.

Mais aujourd'hui, j'ai essayé Ambre Essentiel.
- - - Attention!! Sillage! Sillage! Sillage! - - -
Je mets les discrets et les migraineux en garde, oui, je suis gentille.
Et bon, oui, j'exagère peut-être un peu. Je doute qu'on ait pu me sentir à vingt mètres... Mais moi, je me sentais moi-même, alors que je ne m'étais parfumé que le plis du coude droit, c'est dire que ce parfum est doté d'une jolie présence!... Bon, je reconnais, j'avais pshité généreusement.
Toute la matinée, j'ai travaillé ambrée, j'étais ravie, ce n'est qu'en milieu d'après-midi que cet ambre a commencé à fatiguer et, dix heures plus tard, bien qu'il soit toujours là, je ne le sens plus que de près.

L'ouverture m'a surprise: très "miel" et très "rose", et j'ai alors vu des ponts olfactifs apparaître dans ma tête entre le miel, la rose et l'ambre et, ça, c'était franchement instructif.
Ensuite, ça c'est développé en vraie résine pure mais pas dure : ça sentait le maquis, le soleil, c'était un peu médicinal mais pas au point d'en être rebutant et la rose miellée restait toujours là, comme nichée dans les cistes.
Très très joli.

 

 

Ps: hier, j'ai renouvelé mon inscription à la bibliothèque de Bonlieu, j'ai emprunté une intégrale des oeuvres de Gogol et deux bouquins sur les parfums, ensuite j'ai fait un tour à Sephroa, j'ai glissé quelques mouillettes dans le Que Sais-Je "Le Parfum" de Jean-Claude Ellena et, une fois que j'ai eu retrouvé ma mère à la gare (on venait y accueillir sa cousine), elle qui hausse souvent les épaules quand je lui fait sentir quelque chose, en me disant "oui, hof, ça sent bon" , là je lui ai fait sentir Mitsouko : elle s'est éclairée, elle aime, c'est un verdict "sans appel".

 

PPS: quelques liens vers d'autres blogs, à propos de Sharini (ils datent tous de 2010, je n'en ai pas trouvé de plus récent):

Grain de musc
Ca Fleur Bon
Providence Perfume

 



 

12.09.2011

Chemistry

Boulimique de parfums, d'odeurs, de découvertes olfactives, et après quatre mois d'explorations relativement intensives des parfumeries "mainstream", je commence déjà à me lasser, alors je vais ailleurs, un peu plus loin, par exemple sur le web américain, et ça donne ça :

 

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For Strange Women, mon premier achat outre-atlantique. Vraiment très joli.

Ce sont des huiles parfumées "100% natural. phthalate, paraben, synthetic, alcohol, petroleum, and cruelty free... Botanical perfumery".


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Moss & Ivy : d'habitude, les parfums verts ont tendance à me faire grincer des narines, un peu comme les hespéridés ont tendance à me faire grincer des dents. Mais j'aime la mousse, j'aime le lierre (et la photo), alors j'ai tenté ma chance. Et en effet, comme la mousse, toute douce, cette verdure m'a fait un effet sympathique, ni crissant, ni crispant. Pas d'effet Eau du soir de Sisley, avec ses notes herbacées un peu sisaillantes à mon nez, pas non plus d'effet "narcisse croquant" à la Ninfeo Mio de Goutal. Cette petite chose m'a d'avantage évoqué une petite fée des bois, toute scintillante de verdure.
Il m'a semblé que c'était très "petitgrain", mais il faudrait que je le sente à côté de mon huile essentielle de petit-grain pour vérifier.

November : à peine appliqué, il n'a pas fait long feu sur moi. Il m'a semblé percevoir la présence du néroli, un effet "cologne" et puis pas grand chose d'autre.

Decadance & Debauchery : celui-ci serait à essayer en même temps que Sables, d'Annick Goutal, tant il me l'a rappelé, un Sables toute fois dépouillé de ce qui m'était apparu comme un aspect "marin" (qui n'avait duré que deux ou trois heures avant de laisser toute la place à de jolies rondeurs épicées). Très joli, chaud, rond, et d'une tenacité assez surprenante: je le sentais toujours facilement au bout de 9h et il en restait une petite trace encore 20h plus tard.

 

J'aime bien le bio, j'aime bien le naturel et la nature. J'aime le principe du bio : en achetant bio, je considère que je ne présèrve pas seulement l'Environnement mais "mon" environnement. L'environnement n'a pas besoin de moi pour se préserver. Qu'il tousse un peu et je disparais. Par contre, que je le bétonne, que je fasse disparaitre les abeilles... Et là, c'est moi qui vais tout de suite vachement moins bien.
Bref, j'aime la verdure et les petites abeilles parce que c'est beau et bon.
J'aime nettement moins la crasse noire qui se dépose à une allure formidable sur le sol de mon balcon alors que je n'habite qu'une "petite" ville. Je contemple mon balcon crasseux et je me dis que je respire déjà assez de cochonneries pétrolières pour ne pas nécessairement en rajouter de mon fait, surtout quand ces "cochonneries" coûtent un bras.
Je m'intéresse donc à la parfumerie naturelle par pragmatisme, parce que ça pourrait être beau et bon, en plus d'être un terrain d'aventures olfactives en plein développement.
Cependant, malgré tout mon pragmatisme, je ne suis pour le moment absolument pas prête à renoncer à Habanita, aussi synthétique soit-il. Par curiosité, et parce que je préfère la conscience à l'ignorance, j'aimerais beaucoup en connaitre la composition exacte. Je me prends à rêver d'assister à la fabrication d'Habanita. Je pense aux gens qui en connaissent la composition et qui se marrent peut-être bien en lisant les chroniques de blogueuses qui en vantent la rose, le vétiver, que sais-jà... Alors qu'il n'y a peut-être plus nulle trace de ces essences dans le flacon.
J'aimerais bien savoir.
J'aimerais bien savoir si un parfum "naturel" peut vraiment me faire un effet aussi fantastique qu'Habanita.
Après avoir passé plus d'un mois à sniffer régulièrement mes absolues de tubéreuse et de jasmin, je me rend compte que ma perception en évolue et qu'avec elle évoluera sans doute ma perception des parfums "grand public". Je continuerai sûrement à me procurer des absolues "vraies de vraies" afin d'éduquer mon nez. Ma réceptivité aux parfums naturels, réputés plus subtils que les "main stream", s'aiguisera probablement et peut-être finirai-je par me dégoûter "naturellement" des parfums de synthèses, et peut-être même d'Habanita.
On verra bien.