24.10.2011

Muscat

Il m'en est arrivé une bien bonne cet après-midi chez mme S.: cela faisait bien cinq minutes que j'avais commencé à passer l'aspirateur quand mme S. m'a fait remarquer qu'il y avait plein de poussière qui s'échappait du dit aspirateur. Oui. Il n'y avait pas de sac dedans, alors forcément. Et le filtre n'était plus qu'un amas de minons, alors forcément. Ca m'apprendra.
Je ne sais pas combien de temps j'aurais pu continuer comme ça, étant donné que l'aspirateur est souvent derrière moi, quand je le passe, forcément.

Bon, c'était la première fois que j'allais chez mme S., la première fois qu'elle avait quelqu'un pour lui faire son ménage, la première fois qu'on passait l'aspirateur chez elle depuis son opération fin août, etc, etc... Il y avait des circonstances atténuantes. Mais tout de même, j'avais l'air fine, à renvoyer la poussière aux quatre coin de l'univers.

J'avais pshitté un peu de Jasmin Céleste, de Sharini, dans mon décoleté avant d'y aller, mais il tient à peine sur moi, alors forcément, ça n'a pas aidé (je teste les différents endroits du corps où il peut être intéressant de pshitter et le décoletté, du moins le mien, à mon nez, ça ne va pas, reste à voir l'arrière des oreilles, parce qu'en hiver les poignets restent souvent complètement couverts et puis dans le cas des huiles parfumées, pshitter un vêtement peut s'avérer délicat... bref). 

Après j'ai récupéré mon manteau au teinturier, et j'y ai laissé 3 vestes (grand nettoyage d'automne anti-moisissure/poussière/crasse/araignées, etc).
Puis, direction la fnac pour achat de recharges d'encre d'imprimante mais je ne suis plus sûre du tout que les 364XL soient au bon format alors je suis repartie bredouille (et puis il y avait vraiment trop de monde)... Ma soeur m'en a offert, des recharges 364XL, pensant bien faire, et elles ne vont pas. On a l'air fine.
Je ne me suis pas arrêtée au Sephora, contrairement à vendredi dernier. Vendredi, alors que je m'apprêtais à pshitter Tubéreuse Criminelle sur mouillette (ils ont TC maintenant, ils l'ont, ils l'ont!! Et Vitriol d'Oeillet aussi!! ouahhhh! Annecy devient une ville vraiment de plus en plus chic!!) je m'y suis fait très aimablement alpaguer par une jeune et charmante vendeuse qui a eu travaillé deux mois à la boutique Lutens à Paris. Nous avons discuté des Lutens, donc, et des malheureuses aventures que j'ai eues avec A La Nuit ou Jeu de Peau. Elle comprenait fort bien, elle a été fort rassurante, m'a dit que si ça se trouve, Lutens n'est simplement pas pour moi, c'est tout à fait possible. Elle m'a fait essayer un mélange qui lui plaît bien : Datura Noir et Ambre Sultan. Je dis ça pour les accros à Lutens qui pourraient vouloir essayer un cocktail pareil par curiosité.
Elle a aussi très aimablement pshitté Tubéreuse Criminelle sur mon poignet.
Moi, tout ce que j'ai retenu de tout cela c'est que TC m'évoque des fleurs blanches un peu sèches et acryliques et que Vitriol d'Oeillet doit contenir au moins autant d'aldhéides qu'Ombre Rose, d'où son côté fortement poudré et/ou métallique dont il est tant question ici et là.

Ceux qui sont dérangés par le côté métallique de ces parfums poudrés (entre autre) devraient sérieusement penser à essayer des parfums naturels, "aldéhides synthétiques free", pour changer.

 

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D'ailleurs, je culpabilise beaucoup d'avoir commandé Decadence & Debauchery hier après-midi (vite! avant que les prix n'augmentent comme annoncé sur la page facebook de For Strange Women (à cause de la hausse des prix des matières premières, est-il expliqué) essayai-je de me déculpabiliser, en vain). Avec en plus un nouveau lot de trois échantillons et un baume à lèvres. Si ce blog avait des dizaines de visites et de commentaires chaque jour, je pourrais lancer un concours: celui qui devinera le parfum du baume à lèvre que j'ai commandé remportera un lot de trois échantillons de perfume oils de For Strange Women!! (un peu entammés mais à peine: je ne me résoudrai à me séparer que de mes trois moins favoris).

Mais nous sommes en plein désert et la marche va être longue.

D'ailleurs, la preuve que les temps se font secs: j'en suis réduite à m'acheter une cold cream (Weleda) parce que tout le pourtour de ma bouche est d'un beau rouge craquellé (et tout le beurre de karité dont je me suis badigeonnée ce weekend n'y a rien fait).
Génial.

 

 

 

 

29.06.2011

... et omnia vanitas

... et tout est vanité.

Alors c'est ainsi que je vais passer l'été à faire du ménage chez des papys mamys. Je vais m'entrainer à être gentille, souriante, brave et efficace.

Je mettrai peut-être Clair de Musc, pour m'inspirer.
Voilà, le premier Serge Lutens qui me plait franchement, franchement dangereusement pour mon porte-monnaie.

Au début, tout ce fuss about Serge Lutens partout sur le net, j'ai cru que c'était le résultat d'une blague, du gros calembour d'un monsieur qui s'était dit "A toutes ces dames qui dépensent chaque mois au minimum le montant d'un rsa en parfums et autres cosmétiques cancérigènes, je vais leur faire avaler les plus affreux des cocktails synthétiques emballés dans du packaging bien chic et un marketing précieux, et vu leur QI de dindes glousseuses, ça marchera du tonnerre".

C'était mon impression après avoir essayé Bas de Soie, Louve et Sa majesté la Rose.

Bas de soie, après avoir lu que, pour l'aimer, il faut aimer les parfums verts, je me suis dit "Ah bah voilà pourquoi ça ne peut pas marcher pas avec moi". Le seul problème, c'est qu'il ne m'est absolument pas aparu comme "vert" mais comme une peau décapée au sanex et emballée sous celophane.
Bon, et Louve, à la rigueur pouvait se targuer de me sembler "naturelle", d'une amertume parfaitement naturelle, telle une véritable amande amère qui poussait là, sur mon bras. Mais quelle dose de snobisme faut-il pour pouvoir supporter une telle amertume et qui plus est, prétendre que c'est joli?
Quant à Sa Majesté la Rose, trop belle pour être vraie, trop réaliste, d'un réalisme façon manequin de cire, crispante.

Mais le Séphora du centre Courier à Annecy offre une bonne partie de la gamme Lutens, et tant de barouffe autour de cette marque, dans le milieu des "nez pointus", tout de même, ça méritait enquête.

Alors hier, aux alentours de midi, nouvelle cascade olfactive: le test 4 en 1 avec Féminité du Bois, Fille en aiguilles, Bois Vanille et Datura Noir, répartis sur mes poignets et plis de coude. J'avais une réunion à l'ADMR en début d'après-midi, d'abord je me suis dit que j'allais cocoter et tant pis, le parfum avant tout, et en bonne autiste, ça ne m'aurait pas trop concerné. Et puis heureusement, il n'y a guère que Fille en Aiguilles qui se soit révélé aussi intense que tenace... Quoi qu'il faisait vraiment très chaud et que se promener avec un gros bout de sapin encensé sur le bras, par un tel temps, c'est un peu fatigant.
Enfin voilà, le premier des quatre qui a franchement retenu mon attention, facile, costaud comme il est, on ne peut pas le louper. Son nom n'avait jusque là réussi qu'à m'évoquer des talons aiguilles, mais c'était une fausse piste, piste sur laquelle je suis restée embourbée pendant plusieurs minutes - comme dans la boue avec mes talons à la noix - avant de reprendre la bonne direction et de mettre la main sur ce que ce parfum m'évoquait: le sapin qu'on s'en va couper dans la forêt à Noël (oui parce qu'à une époque, j'allais marauder du sapin dans les bois, la nuit du solstice d'hiver). Mais ce n'était pas tout à fait ça non plus... En continuant à chercher, je suis arrivée jusqu'en Utah, où j'ai eu passé quelques mois, à la frontière avec l'Arizona, quasiment dans le désert mais dans un coin de désert où il poussait quelques petits conifères qui servaient à l'occasion de bois de chauffage: ça embaumait.
Ah oui, "embaumer"... C'est seulement en lisant la pyramide que j'ai réussi à retrouver, encore, le chemin de Grenoble et de son église Saint-André qui doit être l'église la plus gourmande en encens de tout l'Isère.

Bois Vanille m'a évoqué une cuisine à l'ancienne, un peu comme une grande cuisine de manoir ou de château, avec une grande table en bois massif, des spatules en bois et des casseroles en étain dans lesquelles on aurait préparé un sirop de vanille caramélisé. Je me suis dit que ça doit plaire aux ados américaines jet-setteuses en quête de gadjets sophistiqués et de vanille déniaisée.

Pardon.

Datura Noir, lui, ne m'a pas fait bonne impression du tout. Il m'a évoqué un gel douche pour riche américaine, le genre de femme qui vit dans un appartement à la déco baroque rocco glam rock, avec des fauteuils imitation Louis XV, imitation bois argenté tapissé de peau de zèbre synthétique, par exemple. Et une salle de bain hyper moderne carelée de noir et éclairée de lumière blanche. Et un gel douche hors de prix au nom si chic "Datura noir" (prononcé avec l'accent américain à couper au couteau, hein): "So French, so chic!". Mais en fait non, c'est juste du gel douche "fleurs blanches".

Pardon.

Quant à Féminité du bois, à peine le temps de le sniffer qu'il s'évanouissait déjà. Je me suis dit que j'avais dû user de trop de parcimonie et qu'il me faudrait réessayer parce que, en dépit de sa grande timidité, il m'avait semblé intéressant, avec un petit quelque chose de Mitsouko, mais en atténué, comme une verdure boisée très ombragée, un recoin de sous-bois secret, un peu mystérieux, avec des petites odeurs de mousse piquante, peut-être...

 

Et aujourd'hui, nouveau test:

Féminité du Bois (sans parcimonie), Five O'Clock au gingembre, A la Nuit, Clair de Musc.

Féminité, rien à faire, même appliqué plutôt généreusement, au bout de 15-20 minutes, il n'en reste plus qu'une ombre fugace et c'est un peu frustrant. Je sors du magasin, le parfum est en train de sécher sur ma peau, je sors de la gallerie marchande, je commence à me sniffer dans la rue, il y a du vent, ce ne sont pas des conditions idéales... Et ce joli petit coin de verdure, ce sous-bois un peu caché piqué d'épices... s'envole.

Le Five O'clock au gingembre, lui, s'affirme plus nettement. D'abord une note citronnée me fait froncer le nez, non qu'elle soit là pénible mais je ne raffole pas du citron, alors je crains un peu de le sentir sur moi, même bien mis, même sage, même accompagné d'ambre, d'épices et de bois qui évoquent un thé pris sous les pins.

A la nuit : d'abord, encore une réminiscence de Fracas. A en croire que je deviens jasminophile. Mais non. Non non pas du tout. Le premier effet trompeur passé, un peu comme si, sans le soutient de la tubréeuse, le jasmin s'était étiaffé, l'odeur est devenue franchement grasse, proche du beurre, écoeurante.

Quand à Clair de Musc, il a d'abord été d'un grand ennui, propre, savonneux et puis... Et puis il s'est densifié. Ce fut un peu étrange. Au bout d'un peu plus d'une heure, il s'est mis à fleurir. Il s'est épanoui en une adorable rose poudrée. Bon, si je savais ce que sent l'iris, je serai peut-être capable de la trouver mais là, je ne vois qu'un parfum rose poudré, très "mademoiselle".


C'est un phénomène curieux, ces parfums changeants. Ombre Rose se comporte de la même façon sur moi: d'abord, pendant plus d'une demi-heure, je ne l'aime pas tant que ça, à moins de le sentir à bonne distance où flotte son odeur poudrée, mais de près, ce doit être la pêche, un quelque chose de frais, peut-être un peu acide qui ne me plait pas du tout. Pour bénéficier de son effet roudoudou, il faut attendre que se pose la rose poudrée et qu'elle finisse par tout envelopper.
Bon, le must, ce serait un parfum qui, tout en évoluant, me plairait tout de même du début à la fin. Mais j'aime bien cette idée de devoir attendre pour avoir le meilleur, ce suspense, comme on doit attendre le matin de Noël avant d'ouvrir les cadeaux.

 

 

 



06.06.2011

Skin

Essayé Fracas, l'eau de parfum, de Piguet, hier après-midi. Au bout d'une heure, j'avais la sensation qu'il s'évanouissait déjà. Soit il ne tient pas sur moi, soit à force de le sniffer, mon nez sature et finit par ne plus rien sentir... ou c'est un phénomène d'accoutumance? Mais si c'est un problème de tenue sur ma peau, c'est un peu énervant. En tout cas, oui, c'est - autant que je m'en souvienne - tout à fait similaire à Mon Coeur, de Fragonard, sauf que Mon Coeur avait beaucoup mieux tenu... Hum.
Je crois que je vais continuer ma recherche d'une tubéreuse... tenace. Et peut-être essayer Fracas sur un vêtement...

Retrouvé dans un placard de ma salle-de-bains un vieux flacon de 50ml d'Ombre Rose, de Brosseau, dont il ne reste qu'un fond. Je me disais bien que ce flacon me rappelait quelque chose... On l'avait trouvé dans la coiffeuse de la tante de ma mère, en vidant la maison de la vieille dame après son décès, il y a environ 15 ans de cela. Un parfum de vieille dame, donc... Je l'ai essayé ce matin sur mon poignet droit, avec l'Ombre Rose achetée récemment sur le poignet gauche. On voit tout de suite que le "vieux" a visiblement viré, mais dans un fatras assez agressif d'odeurs un peu encostiques ou métaliques ou trop "cologne", je ne suis pas bien sûre..., et après une heure ou deux, on retrouve encore un peu la poudre, une poudre qui serait devenue un rien boisée. L'Ombre du poignet gauche, elle, me donne envie d'être gentille, douce et souriante. C'est bien une odeur un peu vieillote, une odeur de "mémée" mais une "mamie gâteau" pomponnée, discrète et toujours inexplicablement guillerette.

Mardi dernier, avant d'aller rendre des livres à la bibliothèque, petite visite à Nocibé et essai de L'Heure Bleue de Guerlain, et d'Habanita de Molinard. L'Heure Bleue m'a évoquée une clinique chic sur les bords de la Méditérannée, avec vue sur la mer d'un bleu profond, sous un soleil estival éclatant, avec des jardins de roses et de résineux sous les fenêtres... Mais une clinique quand même, avec des odeurs de désinfectant flottant dans l'air, et quand bien même discret et joliment parfumé... du désinfectant.
Habanita, par contre, alors que L'Heure Bleue s'appliquait à chuchoter sur mon poignet gauche, puis à s'évanouir assez vite, la toute petite dose d'Habanita sur mon poignet droit m'a enveloppée d'une chaleur entêtante tout l'après-midi (et serait sûrement restée d'avantage si je n'avais pas pris de douche le soir). D'abord il m'a fait un effet rouge sang, à vrai dire: je voyais du rouge, du sang ou bien la sève rouge d'un arbre d'Amazonie... et à vrai dire ça commençait déjà à me plaire... Chaud, chaud, chaud! Et puis un gros bouquet est apparu 1/2h-1h plus tard (de roses peut-être surtout), toujours soutenu par cette chaleur résineuse (on dirait que j'aime bien le vétiver)... Je le trouve très dynamisant!" (je recopie mon commentaire facebook, hein, tant que j'y suis, pourquoi se fatiguer?).

Ah et il y a eu aussi l'Eau de Sourcellerie de Garancia: son côté "soin anti-âge" se sent surtout par l'effet très légèrement "poisseux" qu'elle laisse sur la peau, mais rien de vraiment gênant... Elle correspond tout à fait à sa description (http://www.garancia-beauty.com/francais/fr-eds-action.php): un aromatique poudré bien tenace, boisé-sucré-poudré, chaud rigolo, d'une féminité loufoque.

 

Voilà.
Et hier soir je me suis avanturée à un concert au Comptoir de la Folie Ordinaire. C'est le Reverend Beat Man qui a réussi à me motiver à retourner dans ce bar où je n'avais pas mis les pieds depuis une éternité... J'ai un peu la sensation d'être en train de devenir une touriste dans ma porpre ville, une touriste pour de bon... J'aurais bien aimé avoir quelqu'un avec moi pour pouvoir lui demander si je sentais quelque chose ou rien, pour savoir si Fracas tient ou pas, pour savoir si c'est mon nez qui sature ou quoi... Je sentais encore un peu quelque chose sur mes poignets cette nuit quand je me réveillais, mais c'était comme si j'avais utilisé une crème hydratante très vaguement parfumée à la tubéreuse, très très discret. 

Oui, je pense réellement beaucoup aux parfums en ce moment. Mercredi dernier, juste avant que je me réveille, la tubéreuse a même surgit dans un rêve... Faudrait que je le raconte, ce rêve... Et par moment, des noms de parfums ou de matières apparaissent dans ma tête, comme surgis de nulle part, out of the blue.

Ah oui et le Reverend Beat Man, ce fut très bien. Il y avait du monde et des fans, ça faisait plaisir une telle ambiance...

Pardon, je crois que je suis un peu fatiguée, aussi.

 

26.05.2011

Smells like...

A peine 16h et journée déjà chargée, qui plus est d'un orage en approche. Les arbres s'agitent.

Ce matin, entretien d'embauche pour un poste d'aide ménagère. Et de se retrouver face à un interlocuteur déjà croisé il y a 4 ans (à l'époque dans une boîte de formation/accompagnement vers l'emploi), capable de se souvenir qu'on avait parlé phobie scolaire et difficulté à intégrer le monde du travail. Humph. Maintenant ça va bien, oui, merci. Réponse demain. Si non, ce sera d'autres entretiens avec d'autres structures similaires pour des postes similaires, pour aller faire du ménage chez des "petits vieux" (terme affectueux) à Entreverne ou Alby Sur Chéran. Moi qui voulait un job accessible à pied depuis chez moi. Bon. Ce sera pour une prochaine fois...

Et puis ensuite discussion téléphonique avec l'homme qui a inspiré le texte du 17 mai. Je m'observais pendant que nous parlions et je constatais avec une espèce de satisfaction glacée, à quel point je me tenais bien, en femme de 34 ans, mature, intelligente et si parfaitement bienveillante et amicale. On se connaît depuis six ans, ça doit aider. Et puis je suis contente quand les gens que j'aime sont contents même si je le leur dis plus succinctement: "Eh beh, c'est un grand pas... Meilleurs voeux!".
Sage et raisonnable. C'est ainsi que je suis volontiers lorsqu'on est amical et respectueux à mon égard. Bien, bien, je fais des progrès, c'est bien. Même si, bien sûr, en sourdine, tout intérieurement, je commente par de petites remarques un peu vertes du genre: "Bah si j'étais elle, je ne me ferais pas tant prier, je saurais ce que je veux, moi, mais bon, c'est sûr que je n'ai plus 20 ans, moi...". Et puis de toute façon, moi on ne me prie pas. Du moins les célibataires, non. Ou alors de rester loin.
Merci oui ça va on a compris.

Passons plutôt aux parfums, hein!

Alors ce matin, après mon entretien d'embauche (j'adore le sérieux qui se dégage de ces mots, "entretien d'embauche", et à quel point ils attestent bien que je ne suis pas qu'une feignasse, non, je sais aussi aller à des "entretiens d'embauche"), je me suis dirigée vers les Galeries Lafayette, puisque elles étaient très judicieusement sur le chemin. Et là, après ma petite conversation téléphonique de vraie femme mature, à peine perturbée, déjà ravallée toute entière par ma nouvelle obsession à peine le téléphone remis dans le sac, j'ai pris la direction du rayon parfumerie.
"Je peux vous aider?".
J'ai eu droit aux bons soin d'une vendeuse. Alors elle me demande ce qui me plaît, je lui dis ceci cela, l'ambre, le ciste, la tubéreuse, les poudrés et puis je voulais essayer Mitsouko mais le flacon est vide, enfin il reste une goutte au fond mais...
Elle fut très très serviable. A force de pomper (c'est elle qui a employé le verbe "pomper", c'est de sa faute si je pense à mal maintenant), elle a réussi à extraire une goutte de Mitsouko sur une mouillette. Bien. C'était peu mais euh, bon, peu. Alors on a essayé autre chose.
Elle, elle me voyait plutôt avec quelque chose de "discret". Alors que je lui avais parlé de la tubéreuse qui m'avait rendu gaga. Mais bon. C'est ce que je dégage, après tout, "discrète" (selon cette vendeuse, donc) et "sérieuse" (dixit le monsieur du 17 mai). Alors elle est allée droit à "l'Or J'adore" et puis je ne sais plus quoi, et puis Jeanne de Lanvin parce que j'ai fini par lui dire que j'aime aussi beaucoup la rose. Et puis arrivé à Trésor je ne sentais plus que la mouillette, c'est à dire le papier. Alors on a arrêté. Ou alors Trésor a vraiment un côté "papier"?
Je ne comprends pas trop cette manie de vaporiser trois ou quatre giclettes de parfums hors de prix sur des bouts de papier alors qu'une fois sur la peau, ils sont susceptible de prendre des tons différents.
Par exemple Paris, l'eau de toilette d'Yves Saint Laurent, que j'avais appliquée sur mes poignets avant que la vendeuse n'intervienne. Sur un corsage acheté sur ebay, arrivé par enveloppe, il me fit un effet "ouah!" et là, sur ma peau, "flop". Non pas que ce soit désagréable, au contraire, il est même fort gentil, mais il me semble juste un peu commun et pâle.
Alors après les Galeries, je me suis arrêtée au Séphora. Et là, la la, il restait du Mitsouko. Je lui ai attribué le plis du coude gauche. Et le plis du coude droit eu droit à une giclée de Jicky. Je suis repartie de là fière de mon coup comme une fiéfée coquine, atteinte de schizophrénie olfactive.
Ma première grande sensation de Mitsouko: "Sous les arbres". Fraîcheur vert sapin et quelques heures plus tard, un petit côté poivré. Et pour le moment, pas grand chose d'autre. Pour la savoyarde que je suis, les sapins, j'en ai déjà plein chez moi, alors bon. Hum hum. Et puis Jicky : "Ah! "Sale", oui, d'accord, en effet" (parcouru une discussion sur le site auparfum.com: "Qui est propre, qui est sale?" où Jicky est cité et recité comme "Le" parfum sale). Forte sensation d'eau croupie et rien d'autre. Après une heure ou deux, est venue, comme par en-dessous cette eau croupie, la vision d'une steppe d'herbe grasse caressée par une douce brise, une douceur de fleur d'eau flottant sur l'étang du jardin de Monet. Voilà. Un petit quelque chose du sel de la transpiration. J'ai du mal à associer ces sensations à du glamour, mais bon.

D'après la vendeuse des Galeries, Mitsouko, c'est un peu fort de commencer par là, pour quelqu'un qui se met tout juste à explorer les parfums, qui "se cherche" encore, pour quelqu'un qui semble taillé pour les odeurs discrètes, n'est-ce pas (je lui ai expliqué que, Mitsouko, c'est une copine qui m'en a parlé, elle m'a demandé "Ah, elle est brune?", ce que j'ai trouvé étrange comme question, étant donné que je suis très peu blonde moi-même, mais bon).
Sauf que, je crois que c'est une mauvaise lecture de personnage que de me classer dans les "discrètes". "Discrète et sérieuse", ça c'est la façade. Et je crois qu'il me faudrait plus un parfum pour faire ressortir toute l'arrière-boutique.

Et là, cet après-midi, je suis allée chercher les deux colis qui m'attendaient sagement au centre de tri.
Alors me voilà avec, en plus, "Ombre Rose" sur la main gauche et "Capucine" sur la droite. Ombre Rose a une ouverture assez fruitée acidulée qui me rebute légèrement mais qui s'estompe déjà pour laisser place à la rose poudrée de mon coeur (car j'ai un coeur rose poudré tout doux, si si) donc ça va bien. C'est doux, c'est chou. Capucine est plus orientale et vanillée, chaude, boisée, un rien capiteuse, ghaaaahhh.

Et puis j'ai commis (honnnnteuh!) deux autres achats en ligne de choses choisies, comme Ombre Rose, uniquement en me fiant à des commentaires lus sur des blogs et autres sites du style beaute-test.com, et achetés sur ebay, donc à petits prix pour ne pas avoir trop trop trop honte... Je cherchais du ciste, de l'ambre, j'ai trouvé l'"Eau de Sourcellerie" (comment résister à un nom pareil? En plus un soin anti-âge, c'est parfait) et hum, "Fracas" puisque "Mon coeur", de Fragonard (une eau de parfum qui n'est plus produite), a été décrit ici et là comme une copie de Fracas (et puisque Capucine est traitée de copie de Flower de Kenzo, faudra que je vérifie aussi) et vu que j'ai passé une soirée à me sniffer les bras après les avoir parfumés de Mon Coeur, mais vraiment comme quelqu'un qui se fait un rail de coke à chaque fois hein, genre grave ennivrée à en gémir de plaisir... Bon. Fallait que je tente Fracas. Fallait.

Au secours, je suis possédée par mon nez. Il a pris le contrôle de ma raison et de mon porte-monnaie.

J'ai cherché à quel chakra l'odorat est associé: le chakra racine. Mon chakra racine serait donc en effervescence. Pour ceux qui s'y connaissent en chakra, c'est intéressant, hein? Ce chakra, quand il est en forme, c'est aussi celui grâce auquel on se sent confiant dans la vie, pas angoissé. Et c'est vrai que je me sens particulièrement en confiance, comme si je savais que mon compte en banque s'était soulé à la source de jouvence. Il ne mourra jamais. Je peux y puiser généreusement. Ca va. Tout va. Je vais sans doute avoir deux jobs cet été. Alors forcément, oui, tout va.