24.10.2011

Muscat

Il m'en est arrivé une bien bonne cet après-midi chez mme S.: cela faisait bien cinq minutes que j'avais commencé à passer l'aspirateur quand mme S. m'a fait remarquer qu'il y avait plein de poussière qui s'échappait du dit aspirateur. Oui. Il n'y avait pas de sac dedans, alors forcément. Et le filtre n'était plus qu'un amas de minons, alors forcément. Ca m'apprendra.
Je ne sais pas combien de temps j'aurais pu continuer comme ça, étant donné que l'aspirateur est souvent derrière moi, quand je le passe, forcément.

Bon, c'était la première fois que j'allais chez mme S., la première fois qu'elle avait quelqu'un pour lui faire son ménage, la première fois qu'on passait l'aspirateur chez elle depuis son opération fin août, etc, etc... Il y avait des circonstances atténuantes. Mais tout de même, j'avais l'air fine, à renvoyer la poussière aux quatre coin de l'univers.

J'avais pshitté un peu de Jasmin Céleste, de Sharini, dans mon décoleté avant d'y aller, mais il tient à peine sur moi, alors forcément, ça n'a pas aidé (je teste les différents endroits du corps où il peut être intéressant de pshitter et le décoletté, du moins le mien, à mon nez, ça ne va pas, reste à voir l'arrière des oreilles, parce qu'en hiver les poignets restent souvent complètement couverts et puis dans le cas des huiles parfumées, pshitter un vêtement peut s'avérer délicat... bref). 

Après j'ai récupéré mon manteau au teinturier, et j'y ai laissé 3 vestes (grand nettoyage d'automne anti-moisissure/poussière/crasse/araignées, etc).
Puis, direction la fnac pour achat de recharges d'encre d'imprimante mais je ne suis plus sûre du tout que les 364XL soient au bon format alors je suis repartie bredouille (et puis il y avait vraiment trop de monde)... Ma soeur m'en a offert, des recharges 364XL, pensant bien faire, et elles ne vont pas. On a l'air fine.
Je ne me suis pas arrêtée au Sephora, contrairement à vendredi dernier. Vendredi, alors que je m'apprêtais à pshitter Tubéreuse Criminelle sur mouillette (ils ont TC maintenant, ils l'ont, ils l'ont!! Et Vitriol d'Oeillet aussi!! ouahhhh! Annecy devient une ville vraiment de plus en plus chic!!) je m'y suis fait très aimablement alpaguer par une jeune et charmante vendeuse qui a eu travaillé deux mois à la boutique Lutens à Paris. Nous avons discuté des Lutens, donc, et des malheureuses aventures que j'ai eues avec A La Nuit ou Jeu de Peau. Elle comprenait fort bien, elle a été fort rassurante, m'a dit que si ça se trouve, Lutens n'est simplement pas pour moi, c'est tout à fait possible. Elle m'a fait essayer un mélange qui lui plaît bien : Datura Noir et Ambre Sultan. Je dis ça pour les accros à Lutens qui pourraient vouloir essayer un cocktail pareil par curiosité.
Elle a aussi très aimablement pshitté Tubéreuse Criminelle sur mon poignet.
Moi, tout ce que j'ai retenu de tout cela c'est que TC m'évoque des fleurs blanches un peu sèches et acryliques et que Vitriol d'Oeillet doit contenir au moins autant d'aldhéides qu'Ombre Rose, d'où son côté fortement poudré et/ou métallique dont il est tant question ici et là.

Ceux qui sont dérangés par le côté métallique de ces parfums poudrés (entre autre) devraient sérieusement penser à essayer des parfums naturels, "aldéhides synthétiques free", pour changer.

 

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D'ailleurs, je culpabilise beaucoup d'avoir commandé Decadence & Debauchery hier après-midi (vite! avant que les prix n'augmentent comme annoncé sur la page facebook de For Strange Women (à cause de la hausse des prix des matières premières, est-il expliqué) essayai-je de me déculpabiliser, en vain). Avec en plus un nouveau lot de trois échantillons et un baume à lèvres. Si ce blog avait des dizaines de visites et de commentaires chaque jour, je pourrais lancer un concours: celui qui devinera le parfum du baume à lèvre que j'ai commandé remportera un lot de trois échantillons de perfume oils de For Strange Women!! (un peu entammés mais à peine: je ne me résoudrai à me séparer que de mes trois moins favoris).

Mais nous sommes en plein désert et la marche va être longue.

D'ailleurs, la preuve que les temps se font secs: j'en suis réduite à m'acheter une cold cream (Weleda) parce que tout le pourtour de ma bouche est d'un beau rouge craquellé (et tout le beurre de karité dont je me suis badigeonnée ce weekend n'y a rien fait).
Génial.

 

 

 

 

29.06.2011

... et omnia vanitas

... et tout est vanité.

Alors c'est ainsi que je vais passer l'été à faire du ménage chez des papys mamys. Je vais m'entrainer à être gentille, souriante, brave et efficace.

Je mettrai peut-être Clair de Musc, pour m'inspirer.
Voilà, le premier Serge Lutens qui me plait franchement, franchement dangereusement pour mon porte-monnaie.

Au début, tout ce fuss about Serge Lutens partout sur le net, j'ai cru que c'était le résultat d'une blague, du gros calembour d'un monsieur qui s'était dit "A toutes ces dames qui dépensent chaque mois au minimum le montant d'un rsa en parfums et autres cosmétiques cancérigènes, je vais leur faire avaler les plus affreux des cocktails synthétiques emballés dans du packaging bien chic et un marketing précieux, et vu leur QI de dindes glousseuses, ça marchera du tonnerre".

C'était mon impression après avoir essayé Bas de Soie, Louve et Sa majesté la Rose.

Bas de soie, après avoir lu que, pour l'aimer, il faut aimer les parfums verts, je me suis dit "Ah bah voilà pourquoi ça ne peut pas marcher pas avec moi". Le seul problème, c'est qu'il ne m'est absolument pas aparu comme "vert" mais comme une peau décapée au sanex et emballée sous celophane.
Bon, et Louve, à la rigueur pouvait se targuer de me sembler "naturelle", d'une amertume parfaitement naturelle, telle une véritable amande amère qui poussait là, sur mon bras. Mais quelle dose de snobisme faut-il pour pouvoir supporter une telle amertume et qui plus est, prétendre que c'est joli?
Quant à Sa Majesté la Rose, trop belle pour être vraie, trop réaliste, d'un réalisme façon manequin de cire, crispante.

Mais le Séphora du centre Courier à Annecy offre une bonne partie de la gamme Lutens, et tant de barouffe autour de cette marque, dans le milieu des "nez pointus", tout de même, ça méritait enquête.

Alors hier, aux alentours de midi, nouvelle cascade olfactive: le test 4 en 1 avec Féminité du Bois, Fille en aiguilles, Bois Vanille et Datura Noir, répartis sur mes poignets et plis de coude. J'avais une réunion à l'ADMR en début d'après-midi, d'abord je me suis dit que j'allais cocoter et tant pis, le parfum avant tout, et en bonne autiste, ça ne m'aurait pas trop concerné. Et puis heureusement, il n'y a guère que Fille en Aiguilles qui se soit révélé aussi intense que tenace... Quoi qu'il faisait vraiment très chaud et que se promener avec un gros bout de sapin encensé sur le bras, par un tel temps, c'est un peu fatigant.
Enfin voilà, le premier des quatre qui a franchement retenu mon attention, facile, costaud comme il est, on ne peut pas le louper. Son nom n'avait jusque là réussi qu'à m'évoquer des talons aiguilles, mais c'était une fausse piste, piste sur laquelle je suis restée embourbée pendant plusieurs minutes - comme dans la boue avec mes talons à la noix - avant de reprendre la bonne direction et de mettre la main sur ce que ce parfum m'évoquait: le sapin qu'on s'en va couper dans la forêt à Noël (oui parce qu'à une époque, j'allais marauder du sapin dans les bois, la nuit du solstice d'hiver). Mais ce n'était pas tout à fait ça non plus... En continuant à chercher, je suis arrivée jusqu'en Utah, où j'ai eu passé quelques mois, à la frontière avec l'Arizona, quasiment dans le désert mais dans un coin de désert où il poussait quelques petits conifères qui servaient à l'occasion de bois de chauffage: ça embaumait.
Ah oui, "embaumer"... C'est seulement en lisant la pyramide que j'ai réussi à retrouver, encore, le chemin de Grenoble et de son église Saint-André qui doit être l'église la plus gourmande en encens de tout l'Isère.

Bois Vanille m'a évoqué une cuisine à l'ancienne, un peu comme une grande cuisine de manoir ou de château, avec une grande table en bois massif, des spatules en bois et des casseroles en étain dans lesquelles on aurait préparé un sirop de vanille caramélisé. Je me suis dit que ça doit plaire aux ados américaines jet-setteuses en quête de gadjets sophistiqués et de vanille déniaisée.

Pardon.

Datura Noir, lui, ne m'a pas fait bonne impression du tout. Il m'a évoqué un gel douche pour riche américaine, le genre de femme qui vit dans un appartement à la déco baroque rocco glam rock, avec des fauteuils imitation Louis XV, imitation bois argenté tapissé de peau de zèbre synthétique, par exemple. Et une salle de bain hyper moderne carelée de noir et éclairée de lumière blanche. Et un gel douche hors de prix au nom si chic "Datura noir" (prononcé avec l'accent américain à couper au couteau, hein): "So French, so chic!". Mais en fait non, c'est juste du gel douche "fleurs blanches".

Pardon.

Quant à Féminité du bois, à peine le temps de le sniffer qu'il s'évanouissait déjà. Je me suis dit que j'avais dû user de trop de parcimonie et qu'il me faudrait réessayer parce que, en dépit de sa grande timidité, il m'avait semblé intéressant, avec un petit quelque chose de Mitsouko, mais en atténué, comme une verdure boisée très ombragée, un recoin de sous-bois secret, un peu mystérieux, avec des petites odeurs de mousse piquante, peut-être...

 

Et aujourd'hui, nouveau test:

Féminité du Bois (sans parcimonie), Five O'Clock au gingembre, A la Nuit, Clair de Musc.

Féminité, rien à faire, même appliqué plutôt généreusement, au bout de 15-20 minutes, il n'en reste plus qu'une ombre fugace et c'est un peu frustrant. Je sors du magasin, le parfum est en train de sécher sur ma peau, je sors de la gallerie marchande, je commence à me sniffer dans la rue, il y a du vent, ce ne sont pas des conditions idéales... Et ce joli petit coin de verdure, ce sous-bois un peu caché piqué d'épices... s'envole.

Le Five O'clock au gingembre, lui, s'affirme plus nettement. D'abord une note citronnée me fait froncer le nez, non qu'elle soit là pénible mais je ne raffole pas du citron, alors je crains un peu de le sentir sur moi, même bien mis, même sage, même accompagné d'ambre, d'épices et de bois qui évoquent un thé pris sous les pins.

A la nuit : d'abord, encore une réminiscence de Fracas. A en croire que je deviens jasminophile. Mais non. Non non pas du tout. Le premier effet trompeur passé, un peu comme si, sans le soutient de la tubréeuse, le jasmin s'était étiaffé, l'odeur est devenue franchement grasse, proche du beurre, écoeurante.

Quand à Clair de Musc, il a d'abord été d'un grand ennui, propre, savonneux et puis... Et puis il s'est densifié. Ce fut un peu étrange. Au bout d'un peu plus d'une heure, il s'est mis à fleurir. Il s'est épanoui en une adorable rose poudrée. Bon, si je savais ce que sent l'iris, je serai peut-être capable de la trouver mais là, je ne vois qu'un parfum rose poudré, très "mademoiselle".


C'est un phénomène curieux, ces parfums changeants. Ombre Rose se comporte de la même façon sur moi: d'abord, pendant plus d'une demi-heure, je ne l'aime pas tant que ça, à moins de le sentir à bonne distance où flotte son odeur poudrée, mais de près, ce doit être la pêche, un quelque chose de frais, peut-être un peu acide qui ne me plait pas du tout. Pour bénéficier de son effet roudoudou, il faut attendre que se pose la rose poudrée et qu'elle finisse par tout envelopper.
Bon, le must, ce serait un parfum qui, tout en évoluant, me plairait tout de même du début à la fin. Mais j'aime bien cette idée de devoir attendre pour avoir le meilleur, ce suspense, comme on doit attendre le matin de Noël avant d'ouvrir les cadeaux.

 

 

 



23.06.2011

Slough off

The regular visitors of this blog probably wonder what's happened to me. They might think I'm faking it, this new interest for perfumes. But I tell them: it's not an interest - an interest comes from the mind and, as far as I'm concerned, I can say it can also come from the Heart (I guess it's then called compassion) - but no, this isn't mind/Heart business, it's an obsession, this is a sensory obsession, the senses are involved, my root chakra has gotten mad, my nose is at the steering wheel : "I" is no longer in charge, sorry.

But still, my mind still functions and I keep an eye on the blogs I used to visit "before", in my kind of "reac"/"hard-hat" (?) past life.
Didier Goux's blog http://didiergouxbis.blogspot.com/ is one of those I visit the most, everyday when I'm home: his blogroll is quite practical, allowing to see quickly who's updated recently.
And that's how, yesterday, I gave a try to this, that I had not before: http://archischmock.blogspot.com/2011/06/osez-le-gourdin.html

Yeah, be glad that I'm not that mad yet.

Although it got me thinking and, who knows? One day I might end up filming myself sniffing at Fracas: you'll see, it's outrageous!!

 

So, my obsession leads me to explore the net in directions I had not tried before, guided by my nose, I found this today: http://arosebeyondthethames.blogspot.com/2009/09/minted.html
Doesn't she write lovingly about L'Occitane?

"a lady never sweats, she perspires"

Ah! So British! And I so much agree, now!

I used to talk about my "sweat" and other such uneducated things, but now I am changed.
Into a lady.
Yes.
Believe it or not, I shall not care.
I "prespire" and will never sweat anymore.
Especially now that I'm wearing Capucine by Fragonard.
How could one ever sweat wearing such a sweet beautiful fragrance?
I'm glad I bought it. Eventhough now I tend to catch sight of a light kind of soapy note that bothers me a bit but there's still the rose, the wood, the warmth, the powdery touch... Arrrgh! It's lovely!

You see? It makes me use underlining. I'm becoming tidy. That's insane.

Today I've tried Wazamba, by Parfum d'Empire, and that's been as walking into Saint André's church in Grenoble, on a burial or Christmas/Easter day, I guess (I'm not a "tradi" specialist, sorry): lots of incense! A lovely, simple, rather bare, sober incense, with a little subtle apple note (and maybe I noticed it because I read of it in the brochure) that made me think of a beautiful caramelized apple pie just coming out of a talented cook's oven, crispy as can be (the pie, not the cook). Lovely.
I kept it on for 6 hours, then, as it didn't seem to want to evolve much more, and as I wanted to go buy some new black trousers for work (starting Saturday evening), I washed it off and went downtown... and ended up in Sephora. I wanted to try to discover some new acclaimed rose fragrances ("new" to me). I had made a list.


I put on some Sa majesté la rose by Serge Lutens and Calèche by Hermès:
SMLR appeared to me as the most realistic rose fragrance I have ever tried and yet, paradoxically, very synthetic. It's weird. As if a part of my brain was telling me: "Watch out! Fake!". It held quite well on my skin and was quite invading, well present... It should have been nice but it was too much of a kind of suspect realism. A "too good to be true" feeling.
This is the third Lutens I try and don't like. Hum. Could my nose be not in tune at all with Lutens?... Sephora has got almost all of the line (except the tuberose, damn it!), so I'll see...
Calèche reminded me of Louve, by Lutens, that I tried yesterday: on my skin, a little bitter almond grows and will not leave (much smaller than in Louve but stubborn). For the rest of the fragrance, I just cannot tell what it is... I may look at the pyramid if I like, yes, but I mean my nose didn't recognize much of anything, except a quaint cosmetic creamy feel that went off...

And it made me wonder how old those perfume testers are in those shops, and for how long have they been opened?
Could those disagreeable effects that I got from some perfumes that I tried in perfumeries come from the age of the product, exposed too long to air and light? But I guess they pay attention to that sort of things in perfumeries...?

And so I washed it all off and splashed my forearm with Capucine, for relief.

Oh and I didn't find any black trousers downtown. That's insane too. I tried several shops such as H&M, Etam, Camaieu, Promod and Zara and the word "patapouf" (pata"tart/slut") came back to me (sorry, "patapouf" is not really translatable in English, I'd say, it's a wordplay here, sorry). The realm heavens of "patapouf". They were probably some lovely stuff hidden amongst the shameless awful mounds of stuff I passed by but... I saw a few black jeans, yes, but so slimy I wonder how can one get their legs in there (and keep on breathing/feel confortable). Or there was some shiny black trousers at Zara... God. Sales are roaring and no simple black trousers to be found. Black trousers are probably out of fashion this summer, I guess? Shame... I'll have to put on my dark blue velvet ones on Saturday...